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L’Europe à la fin du XVIIIe siècle. Wikimédia
L'Europe à la fin du XVIIIe siècle. Wikimédia
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Une histoire européenne comme remède aux nationalismes

Dans un contexte de recrudescence du nationalisme, il faut abandonner les romans nationaux, pour la plupart produits au xixe siècle dans une visée idéologique, et promouvoir une histoire européenne commune, creuset d’identités multiples.

L’appartenance à l’Europe, à son humanisme, « n’existe que [si elle] est charnel[le], sensible », affirmait Emmanuel Macron lors de sa présentation de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, le 9 décembre dernier. Si la citoyenneté européenne a été instituée juridiquement par le traité de Maastricht en 1992, elle reste pour nombre d’Européens une abstraction. La plupart reconnaissent volontiers les avantages pratiques que l’appartenance à l’Union européenne leur apporte, mais d’un point de vue plus intime, personnel, la grande majorité se sent d’abord, si ce n’est exclusivement, appartenir à son pays d’origine. Comment expliquer ce déficit ? Y a-t-il la place pour un récit européen dans le contexte actuel, où nombre d’États membres de l’Union connaissent une recrudescence du nationalisme, voire d’une xénophobie assumée, et où certains s’écartent du socle de valeurs communes ? Quelle histoire, fruit d’héritages multiples, transmettre aux jeunes générations ?

Au-delà de l’histoire de l’Union européenne

Le constat de la faiblesse du sentiment européen peut en partie s’expliquer par l’approche pragmatique retenue par les pères de l’Union européenne actuelle, qui visait à lier les Européens « par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait1 ». Il s’explique également par l’importance qu’ont prise les na

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Geneviève Lallemand-Kirche

Spécialiste des questions de régulation et du rôle de l’État dans la sphère économique et sociale, elle est fonctionnaire européen et enseignante à l’École d’affaires publiques de Sciences Po.

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Patrimoines contestés

Depuis la vague de déboulonnage des statues qui a suivi l’assassinat de George Floyd, en mai 2020, la mémoire et le patrimoine sont redevenus, de manière toujours plus évidente, des terrains de contestation politique. Inscrire ces appropriations de l’espace urbain dans un contexte élargi permet d’en comprendre plus précisément la portée : des manifestations moins médiatisées, comme l’arrachement de la statue d’un empereur éthiopien en Grande-Bretagne, ou touchant à des strates d’histoire inattendues, comme la gestion de la statuaire soviétique, participent d’une même volonté de contester un ordre en dégradant ses symboles. Alors qu’une immense statue célébrant l’amitié russo-ukrainienne vient d’être démontée à Kiev, le dossier de ce numéro, coordonné par Anne Lafont, choisit de prendre au sérieux cette nouvelle forme de contestation, et montre que les rapports souvent passionnés que les sociétés entretiennent avec leur patrimoine ne sont jamais sans lien avec leur expérience du conflit. À lire aussi dans ce numéro : l’histoire, oubli de l’inconscient ?, le prix de l’ordre, pour une histoire européenne, les femmes dans l’Église, les réfugiés d’Ukraine et nos mélancolies secrètes.