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La France face à ses musulmans : émeutes, jihadisme et dépolitisation

Alors qu’on craint, ou qu’on agite pour mieux inquiéter l’opinion, un risque de « communautarisation », cette étude des différents mouvements s’adressant à la population musulmane montre une tendance inverse. L’essoufflement des organisations de jeunes et la notabilisation des représentants de l’islam, en l’absence de relais politiques laïques, orientent la revendication de reconnaissance vers le terrain de la violence.

Contrairement à ce qui est souvent affirmé, le problème de la France avec ses banlieues relève moins d’un choc de civilisation que, bien plus prosaïquement, d’un problème de discrimination socioéconomique et de représentation politique de la communauté musulmane1. Issue d’une immigration de travail, cette communauté particulièrement précarisée occupe en proportion importante les quartiers dits sensibles, cités de logement social ou banlieues périurbaines et a manqué de relais efficaces lui assurant une représentation politique.

Jusqu’à présent, l’organisation politique de ces populations – qu’elle se soit faite sous la direction de l’extrême gauche ouvriériste dans les a

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