Dans le même numéro

Les malentendus de Ratisbonne : l’islam, la volonté et l’intelligence

novembre 2006

#Divers

La référence de Benoît XVI à Ibn Hazm ne doit rien au hasard. Elle renvoie en effet à l’inspiration profonde d’islamisants chrétiens – Louis Gardet, Henri Laoust, Roger Arnaldez et surtout Louis Massignon – qui, en vue d’encourager la résistance de l’islam au colonialisme, valorisaient les grands mystiques. À commencer par le célèbre « martyr mystique de l’islam », Al-Hallaj, dont bien des propos sont hostiles à une rationalisation hellénique de l’essence et des attributs divins. Dans ces conditions, imaginer que le pape s’est prononcé en faveur de thèses belliqueuses favorables à un affrontement entre « monde libre » et islam est erroné.

Dans son discours prononcé à l’université de Ratisbonne le 12 septembre, le pape Benoît XVI n’a pas eu pour dessein de s’exprimer sur l’islam, mais sur les implications historiques et théologiques du verset de l’Évangile de Jean, « Au commencement était le Verbe (logos) ». Il prononça un discours universitaire, en la triple intention que voici : rappeler sa mission à l’institution universitaire, dont la chrétienté médiévale et l’Allemagne ont déterminé l’essence ; contredire les leçons des penseurs qui, avec et après Kant, ont posé le diagn

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !