Jean Godefroy Bidima | Photo : K. Anderson, Tulane University
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La traversée des mondes

La critique postcoloniale de l'universel est contradictoire, empêche de penser la mise en commun et exprime un ressentiment. On peut lui opposer la compréhension par Césaire d'un universel riche de tout le particulier.

Aux professeurs Olivier René Bloch, Mylène Botbol-Baum et Emmanuel Hirsch

Les mouvements de décolonisation, les débats autour de ­l’anthropologie culturelle, les défis de la globalisation économique et culturelle, la critique du relativisme, les critiques des grands récits et l’analyse des différends, des dissensus, la critique des droits de l’homme, les théories du genre, la critique de certaines théories de la traduction, les théories sur l’hégémonie et le multiculturalisme remettent l’Universel, un certain universel, en pièces détachées en y voyant une ruse de l’uniformisation par le haut et de l’imposition d’une rationalisation qui étend le local à l’humanité entière[1]. Vieille critique qui revient au moment où la globalisation culturelle et le défi du numérique imposent une nouvelle redéfinition du « commun ». Avec le mouvement actuel de redéfinition, de réaffirmation, d’exploration et de dialogue sur l’universel, l’enjeu porte moins sur les définitions que sur les transformations de l’espace public, de l’égaliberté et des rapports à la conversation que chaque &ea

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Jean Godefroy Bidima

Professeur de philosophie à Tulane University, il a notamment dirigé, avec Victorien Lavou Zoungbo, Réalités et représentations de la violence en postcolonies (Presses universitaires de Perpignan, 2015).

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L'universel est à nouveau en débat : attaqué par les uns parce qu'il ne serait que le masque d'une prétention hégémonique de l'Occident, il est défendu avec la dernière intransigeance par les autres, au risque d'ignorer la pluralité des histoires et des expériences. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Anne Lafont, fait le pari que les transformations de l'universel pourront fonder un consensus durable : elles témoignent en effet de l'émergence de nouvelles voix, notamment dans la création artistique et les mondes noirs, qui ne renoncent ni au particulier ni à l'universel. À lire aussi dans ce numéro : la citoyenneté européenne, les capacités d'agir à l'ère numérique, ainsi que les tourmentes laïques, religieuses, écologiques et politiques.