L'Albatros, performance de Salifou Lindou réalisée le 15 mars 2013 à doual'art, Douala, Cameroun. | CC-BY-SA-3.0 Wikimédia
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L’avertissement et la promesse

L’Afrique en scène

juil./août 2020

L’Afrique connaît des euphories, mais la mobilisation des passions ne met pas toujours le social en forme. L’Afrique connaît des peurs, notamment la peur du mépris, mais elles ne dégagent pas toujours le sens de l’histoire du continent. La scène africaine profiterait plutôt de la reconnaissance des dettes symboliques (la terre et la parole) et d’une culture de l’autoréflexion.

À la mémoire des professeurs Francis (Abiola) Irele et Hélène Védrine, et à Nick F. Nesbitt et Boniface Mongo-Mboussa.

 

L’entrée de l’Afrique dans ce xxie siècle – si ironique et inquiétant vis-à-vis des certitudes et des projets – ne se fait pas sans heurts ni espoirs. Autour et sur l’Afrique se tiennent des discours, se dessinent des parcours et des recours. On y dit comment, on assure pourquoi, et on affirme au nom de quoi cette Afrique voit, fait voir, croit, fait croire, croît, laisse croître et enfin tient debout. La situation de l’Afrique peut être abordée – au moment même où notre commune demeure, le monde, éprouve sa précarité – à travers la conjugaison de l’avertissement et de la promesse. L’avertissement, c’est celui que Walter Benjamin adressait à ses contemporains : «Il faut couper la mèche qui brûle avant que l’étincelle n’atteigne la dynamite[1].» En Afrique, la poudre de cette dynamite est composée par une jeunesse dynamique et essoufflée avant d’avoir couru, mais qui

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Jean Godefroy Bidima

Professeur de philosophie à Tulane University, il a notamment dirigé, avec Victorien Lavou Zoungbo, Réalités et représentations de la violence en postcolonies (Presses universitaires de Perpignan, 2015).

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Ce dossier coordonné par Jean Godefroy Bidima et Antoine Garapon fait entendre les voix multiples de l’Afrique. Depuis leur perspective propre, ces voix africaines débordent la question postcoloniale et invitent au dialogue ; elles participent à la construction d'une commune humanité autour d’un projet de respect de la vie. À lire aussi dans ce numéro double : la participation dans le travail social, les analogies historiques de la pandémie, les gestes barrières face aux catastrophes écologiques, l’antiracisme aux États-Unis et l’esprit européen de Stefan Zweig.