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Ni péripétie, ni cataclysme

novembre 2009

#Divers

Un double malentendu s’installe au sujet de la crise : pour les uns, la page serait déjà tournée ; pour d’autres, elle ne pourra encore que s’aggraver. Pour reprendre la juste mesure de ce qui nous arrive, il faut distinguer ce qui relève des soubresauts à court terme de la finance, du mouvement plus général de la montée des inégalités et surtout de la longue durée de l’impasse écologique.

Le discours ambiant oscille depuis quelques mois entre deux pôles. Pour les uns, la crise est finie et d’ailleurs, quand on y réfléchit attentivement, il n’est pas complètement sûr qu’elle n’ait jamais existé que dans nos têtes. Les bourses et les banques d’affaires, qui sont comme chacun sait, rétrospectivement et en moyenne, des boussoles fiables, ne reprennent-elles pas courage ? Vite, vite, retour à « l’anormal ». Pour les autres, c’est au contraire, au même instant, la crise de tout qui s’est déchaînée : du capitalisme libéral, c’est entendu, mais aussi de la confiance, de la dette, du climat, de la démocratie, de la notion de crise elle-même, etc. Ces deux rhétoriques, celle de la non-crise et celle de la crise totale, se répondent, s’annulent et nous laissent finalement plus perplexes encore qu’au plus fort de

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