Dans le même numéro

Mo Yan : se moquer sans faire de vagues

L’attribution du prix Nobel de littérature à Mo Yan en 2012 a suscité de nombreuses controverses, souvent plus politiques que littéraires, sur le danger d’accorder un prix si prestigieux à un écrivain reconnu par les autorités chinoises. Car si Mo Yan, dans ses œuvres, manie le grotesque, le sarcasme et l’ironie, le résultat n’est pas une critique en profondeur mais un éclat de rire généralisé qui met sur le même plan victimes et bourreaux. Sans faire trop de vagues.

Le 11 octobre 2012, Peter Englund, secrétaire permanent de l’Académie suédoise à Stockholm, a annoncé que le prix Nobel de littérature 2012 était attribué à l’écrivain chinois Guan Moye, âgé de 57 ans, mieux connu sous le nom de Mo Yan, pseudonyme signifiant « ne parle pas » (ce nom viendrait d’un conseil donné par ses parents lorsqu’il était enfant dans la Chine maoïste).

À Pékin, la nouvelle a été accueillie avec jubilation. Li Changchun, membre du bureau politique, instance dirigeante du Parti communiste chinois, a immédiatement envoyé une lettre à l’Association des écrivains chinois, instance officielle dont Mo Yan est le vice-président, dans laquelle il écrivait

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !