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L’Union européenne: ni Dieu, ni César

mars/avril 2007

Comment l’Union européenne traite-t-elle le rapport des religions à l’ensemble qu’elle cherche à constituer ? Parce qu’elle est d’emblée pluraliste et qu’elle se pense indépendamment des héritages historiques, elle doit inventer une forme de sécularisation spécifique.

Aux yeux non seulement d’observateurs « profanes » des évolutions religieuses, mais aussi de nombreux sociologues, l’Europe, marquée par un fort degré de sécularisation, se présenterait comme une « exception » (Peter Berger1, Grace Davie2) à l’heure où, sur la scène internationale, on parle du retour du religieux et même de la « revanche de Dieu » (Gilles Kepel). Pourtant, les analystes sont partagés sur l’ampleur et la signification de cette évolution : si la pratique religieuse baisse, l’identification religieuse se maintient ; un paradoxe que Grace Davie traduit par la formule : « L’appartenance sans la croyance » (belonging without believing). Mais alors que, contrairement aux États-Unis, les relations entre les Églises historiques et l’État sont souvent institutionnalisées, parfois même garanties dans la Constitut

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