Dans le même numéro

Décrire la mondialisation : vers un monde « gazeux » plutôt que « liquide »

janvier 2010

#Divers

Le sociologue Zygmunt Bauman a, le premier, avancé l’image d’un monde et d’une société devenus « liquides » à la faveur de la mondialisation, pour illustrer le développement des flux de capitaux et de matières premières, des flux informationnels et immatériels, ainsi que la souplesse accrue des transactions et des échanges, qu’il oppose à la rigidité des États-nations et des cadres traditionnels de gouvernance1. Il a étendu la qualité de malléabilité qui y est liée aux valeurs morales elles-mêmes, pour signifier que, dans la société actuelle, celles-ci ne sont plus autant rigides et incontestables qu’hier mais s’adaptent continuellement, au gré des flux et reflux des modes et des besoins. En conséquence, selon Bauman, le rapport à la géographie qui fonde la géopolitique se modifie, et les États passent de l’ère de l’espace à une « ère liquide » où l’accent est mis moins sur la traditionnelle recherche de maîtrise de l’espace géographique que sur la maîtrise de ces flux liquides.

Et en effet, aujourd’hui l’image des « tubes » s’est largement banalisée dans le but d’évoquer les contenants qui assurent le passage des flux, qu’il s’agisse des gazod

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !