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Mémoires et histoires : la nouvelle guerre civile espagnole

juillet 2006

#Divers

Une guerre des mémoires de la guerre civile et du franquisme est en cours en Espagne. Si elle manifeste un tournant dans la gestion collective de la mémoire du siècle sur la scène publique, elle n’est pas exempte d’une volonté polémique de « revanche » d’une mémoire « bleue » (franquiste) contre la mémoire « rouge » (républicaine) et les « mythes » qu’elle aurait imposés depuis la transition démocratique.

Il devient de plus en plus difficile de maintenir l’idée qu’il existerait un pacte de silence qui, au nom du consensus et de la réconciliation, aurait enseveli dans l’oubli les moments les plus dramatiques de l’histoire d’Espagne récente. Le volume des publications sur la guerre civile a pris une telle ampleur au cours de ces dernières années que le lieu commun de l’amnésie collective imposée par la transition devrait être remplacé par l’affirmation de Manuel Azaña1, selon laquelle le peuple espagnol a une relation morbide à son histoire. Cette relation expliquerait pourquoi, selon ses propres mots, « déterrer les morts est une passion nationale2 ».

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