Dans le même numéro

Le droit au blasphème

février 2015

#Divers

Sur un tel sujet, mieux vaut ne pas avancer masqué : je suis français, professeur d’université en philosophie, catholique « pratiquant », comme on dit, et je crois assez classique d’un point de vue doctrinal. Il m’arrive de m’engager, en tant qu’intellectuel catholique, dans le débat public.

Après la tuerie qui, le 7 janvier 2015, a frappé Charlie Hebdo, mes coreligionnaires, dans leur immense majorité, ont partagé la consternation et l’indignation qui ont saisi leurs compatriotes. L’attentat a été condamné sans aucune équivoque par les responsables de l’Église catholique de France. De nombreuses cathédrales ont sonné le glas. Mais j’ai aussi entendu ou lu des catholiques raisonnables1 estimant, dès avant cet épouvantable carnage, que les dessinateurs de Charlie étaient à l’occasion « allés trop loin » dans la caricature antireligieuse en général et antichrétienne en particulier, et qu’il convenait peut-être de réfléchir à la mise en place d’une législation limitant, voire réprimant, ce que les croyants de diverses religions identifient comme des « blasphèmes2 ».

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !