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Une histoire racontée par un idiot. Idiotie et folie dans la littérature contemporaine

Idiotie et folie dans la littérature contemporaine

L’idiotie, comme la folie, est un défi porté à la représentation. Mais si l’idiotie a aujourd’hui disparu du vocabulaire médical, elle continue à inspirer des écrivains comme Faulkner, Coetzee, Kenzaburō Ōe ou Doris Lessing.

L’idiotie, à première vue, n’a pas grand-chose qui puisse retenir l’écrivain : l’idiot ne parle pas, ou mal, il pense peu. L’intelligence n’est pas son fort, il sait peu de chose. Et pourtant, les figures d’idiots sont nombreuses à hanter la littérature, en particulier depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Plus ou moins hébétés, trébuchant sur les mots et sur les codes, ces personnages qualifiés d’idiots, de simplets, voire d’arriérés ou de débiles, ne sont pas réductibles à une figure de la sottise ou de la bêtise que dénoncerait l’écrivain pour faire rire, ni pour révéler au lecteur, dont il fait le complice de son intelligence, la sottise de la marche du monde et des comportements des hommes. Sur la scène du théâtre, où le sot a longtemps offert un spectacle comique, quoique parfois inquiétant (du Bourgeois gentilhomme à Ubu, de Trissotin à Victor), c’est souvent l’idiot qui

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