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Les instruments d'un pouvoir sur autrui

août/sept. 2010

#Divers

Si l’on peut distinguer deux temps dans le travail d’Ivan Illich, c’est qu’il a lui-même pensé qu’il devait prendre en compte les limites de ses premiers essais, qui ont fait sa renommée. Il a en particulier ressenti le besoin de reprendre sa critique des outils à la lumière d’une histoire du corps s’interrogeant sur la possibilité de maintenir une autonomie personnelle.

En 1980, Ivan Illich publia un essai sur un personnage qu’il considérait parfois comme son alter ego, parfois comme son mentor, Maître Hugues, qui vivait à Paris, à l’abbaye de Saint-Victor, au xiie siècle. Selon Hugues, ce que nous appelons « technologie », et qu’il appelait « arts mécaniques », devrait être conçu comme un remède aux faiblesses du corps et aux dommages causés à la nature, et non, comme le voulait un autre moine, Roger Bacon, un siècle plus tard, comme un moyen de pouvoir sur le monde et sur autrui1.

La lecture de Hugues, que le latiniste Illich pratiquait dans sa langue originale, fut également pour lui un remède à la crise intérieure qu’il venait de traverser en découvrant, avant tous ses lecteurs, que les concepts critiques qu’il a

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