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Le conflit et l'historien (entretien)

novembre 2010

#Divers

Comment l’historien peut-il travailler sur un objet qui n’est pas encore « refroidi » ? Henry Laurens, spécialiste de la Palestine, et Avi Shlaim, spécialiste d’Israël, expliquent ici comment ils mènent leur travail sur un thème surchargé d’enjeux politiques. Comment se placer à bonne distance du sujet ? Quels outils d’interprétation mobiliser ? Comment voient-ils leur responsabilité civique ?

Esprit – Vous travaillez tous les deux sur le conflit israélo-palestinien, chacun avec son approche propre. Cela pose tout d’abord un problème de méthode, puisque vous travaillez sur des sujets très sensibles qui renvoient à des situations dramatiques, où les sensibilités sont à vif, mais aussi à des enjeux politiques, où les discours nationalistes sont très forts, surchargés de connotations. En outre, les représentations antagonistes des acteurs sont difficilement compatibles. Comment faire pour échapper à toutes ces difficultés ?

Henry Laurens –Avant de répondre à cette question, je tiens à signaler toute l’admiration que j’ai pour Avi Shlaim. J’ai un immense respect pour ses travaux que j’ai abondamment lus, annotés et cités. Je considère que sa contribution est essentielle à la connaissance,

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