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Une famille berbère traversant un gué avec son bétail (Algérie, 1890) via Wikimédia
Une famille berbère traversant un gué avec son bétail (Algérie, 1890) via Wikimédia
Dans le même numéro

La tribu. Échos contemporains de l’Antiquité au Maghreb

Le concept de tribu, société nomade et sans État, sert toujours à désigner les populations autochtones d’Afrique du Nord. Mais il a porté la colonisation européenne, qui croyait reprendre ainsi l’héritage de l’Empire romain, ainsi que la patrimonialisation qui a suivi les indépendances. Débarrassé de sa charge idéologique, il reste pourtant utile pour décrire les réalités sociales du Maghreb.

« Trouver les mots justes pour dire ce que les hommes vivent1 » : tel est l’enjeu du terme « tribu », à la fois sujet d’actualité et objet historique débattu. Très répandu en sciences humaines et sociales, il a servi et continue d’être utilisé pour qualifier nombre de populations et de sociétés, de l’Antiquité jusqu’à nos jours2. La tribu est ainsi encore bien présente aujourd’hui dans le paysage politique et social des pays du Maghreb3. Pour autant, définir le mot n’est pas chose aisée, tant son usage s’est chargé de préjugés, lourds de conséquences dans l’écriture de l’histoire des pays du nord de l’Afrique. C’est vers l’Antiquité, la façon dont elle fut reconstruite et les conceptions biaisées auxquelles elle a donné lieu qu’il faut se tourner pour remonter à la source du problème.

La tribu et la cité

Le mot « tribu », à l’instar d’« ethnie » auquel il est souvent associé, est emprunté au vocabulaire antique des institutions indo-européennes4. Le sens moderne de ce terme est issu d’un antagonisme entre deux formes de vie dans le monde hellénique : la cité (polis), caractérisée par une organisation et des institutions politiques, et la tribu (ethnos

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Stéphanie Guédon

Maîtresse de conférences en histoire romaine à l’université de Limoges, elle est notamment l’autrice de La frontière romaine de l’Africa sous le Haut-Empire (Casa de Velázquez, 2018).

Dans le même numéro

La démocratie des communs

Les « communs », dans leur dimension théorique et pratique, sont devenus une notion incontournable pour concevoir des alternatives à l’exclusion propriétaire et étatique. Opposés à la privatisation de certaines ressources considérées comme collectives, ceux qui défendent leur emploi ne se positionnent pas pour autant en faveur d’un retour à la propriété publique, mais proposent de repenser la notion d’intérêt général sous l’angle de l’autogouvernement et de la coopération. Ce faisant, ils espèrent dépasser certaines apories relatives à la logique propriétaire (définie non plus comme le droit absolu d’une personne sur une chose, mais comme un faisceau de droits), et concevoir des formes de démocratisation de l’économie. Le dossier de ce numéro, coordonné par Édouard Jourdain, tâchera de montrer qu’une approche par les communs de la démocratie serait susceptible d’en renouveler à la fois la théorie et la pratique, en dépassant les clivages traditionnels du public et du privé, ou de l’État et de la société.