Photo : Raul Cacho Oses
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Tanger à travers ses habitants

Une balade à travers différentes strates de la ville, qui communiquent peu, témoigne des bouleversements fulgurants liés à la mondialisation.

« Tanger tour de Babel dont l’essentiel est resté intact[1]. »

« Je ne reconnais plus mon Tanger… Tanger méconnaissable, marmite bouillonnante, choc frontal de contrastes et flirt des civilisations ; Tanger salle d’attente[2]. »

Les deux courts extraits de chronique en exergue, écrits à six ans d’intervalle par le même auteur, donnent de premières clés sur ce qui fait la spécificité de l’évolution actuelle de la ville, en premier lieu celle de sa très rapide transformation pour entrer de plain-pied dans l’actuelle mondialisation. Au début des années 2000, alors que les grands projets de développement annoncés par le nouveau roi ne se concrétisent toujours pas, on est dans une ville à l’abandon, qui présente tous les signes de la grandeur et de la décadence. Dix ans plus tard, tout est bouleversé : on a assisté à l’augmentation brutale de sa population[3], à d’impressionnantes extensions urbaines plus ou moins contrôlées et à la naissance des projets annoncés : Tanger Med (2007), Renault Tanger (2012), Zone dédiée à l’au

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Yolande Benarrosh

Professeur émérite de sociologie, Aix-Marseille Université (Cnrs, Lames Umr 7305), elle a dirigé Le Travail mondialisé au Maghreb (La Croisée des chemins, à paraître en 2019).

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Dans un dossier sur « Le soulèvement algérien », coordonné par Hamit Bozarslan et Lucile Schmid, Esprit salue un mouvement non violent de revendication démocratique qui vise à en terminer avec un régime autoritaire et corrompu. Le souci de dignité permet aux Algériens de renouer avec leur conscience historique. À lire aussi dans ce numéro : un entretien avec Karol Modzelewski, un hommage à Pierre Hassner et une philosophie de l’événement.