Femmes de révolution, de Constance Bantman


Ces dernières années, outre les ouvrages universitaires sur le féminisme, ses combats et ses figures (publiés, entre autres, par Bibia Pavard, Christine Bard, Fanny Gallot, Camille Froideveaux-Metterie…), sont également parus des livres à destination du grand public mettant en avant des femmes et leur engagement, tels que le très populaire Culottées de Pénélope Bagieu (Gallimard, 2016 et 2017) ou Des vies de combat. Femmes noires et libres d’Audrey Célestine (L’Iconoclaste, 2020). C’est dans ce sillage que s’inscrit le livre de Constance Bantman, spécialiste du mouvement anarchiste, qui brosse le portrait de femmes engagées dans les luttes révolutionnaires, revisitant ainsi les grands jalons historiques que sont les révolutions de 1848, les révolutions russes de 1905 et 1917, la guerre civile espagnole ou les mobilisations récentes sur les droits des personnes LGBTQ+. Il se distingue par la mise en avant de figures, telles que la Chinoise Qiu Jin (1875-1907) ou Phoolan Devi (1963-2001), cheffe de bande armée devenue parlementaire en Inde, qui ont pratiqué l’action violente, permettant de « dépasser les rôles genrés simplistes qui célèbrent la force masculine tout en attribuant aux femmes une certaine docilité, une faiblesse inhérente, voire une dépolitisation complète ». Le livre a aussi à cœur de replacer le parcours de ces femmes dans des contextes de luttes collectives, restituant de manière accessible la complexité historiques de ces mouvements et évitant le piège de l’héroïsation. Comme le dit Nicole Muchnik, l’une des rédactrices du manifeste des 343 en 1971, citée par C. Bantman : « Lorsqu’on s’allie, alors, oui, on peut. »

Portraits d’activistes qui ont changé le monde, Seuil, 2025
176 p. 17 €