Vingt propositions pour réformer le capitalisme
Lié à un groupe de travail qui s’était réuni après la crise des subprime de 2008, cet ouvrage organisé autour de vingt propositions particulièrement élaborées est la réédition bienvenue d’un premier volume publié dès 2009. « Partant d’une relation d’ensemble des problèmes économiques, écologiques et sociaux mondiaux, nous avons ensuite resserré l’analyse sur les instruments financiers situés dans l’œil du cyclone financier apparu en 2007. Ce point de vue plus local a fait néanmoins apparaître en profondeur des enjeux qui nous renvoient à nouveau à une perspective plus large – incluant la fiscalité et la politique monétaire – ainsi qu’aux moyens renouvelés d’une coopération internationale accrue. » Le mérite de l’ouvrage est triple : en s’inscrivant dans la durée qui a vu se succéder dettes privées, bancaires et désormais souveraines, il cherche moins à trouver les conditions d’une sortie de crise toujours repoussée qu’à saisir les nœuds d’une réforme possible du capitalisme ; il associe, en raison des qualités propres aux deux coordinateurs, un économiste et une spécialiste de la réflexion sur les « sphères de justice », une approche qui ne cède pas à un économisme étriqué qui se contente d’en appeler à un surcroît de transparence ; il ne contourne pas les questions politiques particulièrement décisives à l’échelle européenne. En témoigne l’article actualisé par Gaël Giraud sur la Bce, qui démontre que la suprématie accordée au langage économique cache des dogmes (à commencer par le monétarisme) et des non-décisions politiques.
O. M.