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Le nihilisme de l'après-pétrole | Gaël Giraud

L’énergie est le moteur de nos sociétés. Mais peut-être n’avons-nous pas suffisamment vu à quel point elle pouvait aussi être, liée au progrès social ou à la régression. Le développement de la société de consommation a largement été lié au pétrole. À l’heure où les énergies fossiles se raréfient, comment reconstruire le sens, pour ne pas céder à la peur du rien ?

L’analogie entre les deux tentatives de mise en œuvre d’une mondialisation commerciale – à la fin de chacun des deux siècles précédents – pourrait servir de point de départ à un parallèle entre le développement des thèses « nihilistes » de la Belle Époque et le mal-être qui semble gagner certains Européens en ce début de xxie siècle1.

Ce serait pourtant passer à côté de la différence essentielle qui sépare de manière définitive, me semble-t-il, la « première mondialisation » de la nôtre. La fin du xixe siècle fait une découverte majeure : celle des possibilités inouïes qu’offre l’industrialisation du pétrole. Une nouvelle ère semblait s’ouvrir alors : celle de transports à longue distance presque gratuits et d’une électricité urbaine (dérivée du pétrole) abondante et également bon marché. Notre époque signe au contraire le début d’une ère où le pétrole ne sera plus jamais disponible

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Gaël Giraud

Docteur en mathématiques appliqués et chercheur au CNRS, Gaël Giraud est Chef Economiste à l'Agence Française de Développement (AFD). Il est également jésuite et membre de La Compagnie de Jésus. Il est notamment l'auteur de Vingt propositions pour réformer le capitalisme (Flammarion, 2012), et Sortir du mensonge (Editions de l'Atelier, 2017). ...

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