Faire monde

Essais phénoménologiques


Les essais regroupés dans cet ouvrage par des enseignants de l’université de Bourgogne ont pour ambition déclarée de reprendre à nouveaux frais la question du Monde. À nouveaux frais, c’est-à-dire après le tournant cartésien qui a creusé le fossé entre la subjectivité et l’objectivité mondaine, après Kant pour lequel il n’y a pas de cosmologie relationnelle concevable, mais aussi après les tentatives de réponse bergsonienne ou phénoménologique (Husserl, Heidegger). À nouveaux frais, cela signifie donc que l’on doit repenser le Monde dans un contexte sécularisé en suivant les propos de Hans Blumenberg par exemple ou en s’appuyant sur les réflexions de Merleau-Ponty sur le chiasme dans le Visible et l’Invisible. Mais le plus frappant est l’importance accordée à la notion d’« horizon » (décisive chez des auteurs qui soulignent la dimension anthropologique du paysage, comme Augustin Berque) et le souci des auteurs de s’inscrire dans le contexte contemporain d’une prise de conscience de la finitude du monde et de la rareté de la Terre, bien qu’à distance du Monde globalisé de la mondialisation : « C’est à présent du sens du monde comme procès que nous avons à rendre compte, autrement dit du sens du monde comme ce à partir de quoi il devient possible d’envisager deux mouvements adverses : l’un en entités subjectives, l’autre en entité objectives. Ce mouvement originaire est le procès du monde. »

O. M.

Mimésis France, 2011
190 p. 16 €