Notes de lecture

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Au café existentialiste. La liberté, l’être & le cocktail à l’abricot, de Sarah Bakewell

mai 2018

#Divers

On sait le don des auteurs anglais et américains pour écrire des synthèses historiques aussi vastes que limpides et concrètes voire triviales – et parfois humoristiques. L’histoire de l’existentialisme et des existentialistes par Sarah Bakewell relève de ce genre littéraire, en plus hybride encore, car elle parvient à mêler la vie privée, parfois agitée, des philosophes concernés et l’exposition de leur pensée. Les philosophes de métier n’apprendront pas grand-chose qu’ils ne sachent déjà sur les principaux héros de ce livre : Sartre et Beauvoir, Husserl, Heidegger, Jaspers, Merleau-Ponty, Camus, Levinas, Gabriel Marcel, Simone Weil ; ils seront sans doute déconcertés par la présentation accélérée de certaines philosophies, ou les rapprochements risqués entre elles (ils apprendront peut-être, en revanche, comment eut lieu l’étonnant transfert des archives Husserl de Fribourg en Brisgau à Louvain en 1938 et 1939, grâce au P. Herman Van Breda). Mais d’autres découvriront tout, ou presque, sur la galaxie existentialiste au sens large et ce qui reliait ou séparait ses vedettes, au-delà des clichés sur Saint-Germain-des-Prés et des aventures du couple bizarre que formaient Sartre et Beauvoir. Non sans raison, l’auteure estime que la postérité de la seconde semble parfois l’emporter aujourd’hui sur celle du premier.

Traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat et Aude de Saint-Loup Albin Michel, 2018
505 p. 24 €

Jean-Louis Schlegel

Philosophe, éditeur, sociologue des religions et traducteur.   Jean-Louis Schlegel est particulièrement intéressé par les recompositions du religieux, et singulièrement de l'Eglise catholique, dans la société contemporaine. Cet intérêt concerne tous les niveaux d’intelligibilité : évolution des pratiques, de la culture, des institutions, des pouvoirs et des « puissances », du rôle...

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À l’occasion de la rétrospective consacrée à Chris Marker par la Cinémathèque française, le dossier de la revue Esprit revient sur les engagements de celui qui en fut un collaborateur régulier. Propres à une génération forgée par la guerre, ces engagements sont marqués par l’irrévérence esthétique, la lucidité politique et la responsabilité morale. À lire aussi dans ce numéro : Jean-Louis Chrétien sur la fragilité, les défis du numérique à l’école et les lectures de Marx en 1968.

 

Pour aller plus loin, découvrez une sélection de textes écrits par Chris Marker dans Esprit entre 1946 et 1951 : Chris Marker, cinéaste-chroniqueur