Notes de lecture

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Étienne Gilson. Une biographie intellectuelle et politique, de Florian Michel

juil./août 2018

#Divers

Le nom d’Étienne Gilson (1884-1978) est aujourd’hui inconnu des jeunes générations philosophiques et ignoré de l’histoire culturelle. Professeur au Collège de France, académicien, auteur de multiples ouvrages d’histoire de la philosophie médiévale, très inter­national, le philosophe chrétien Gilson s’engagea aussi dans divers combats politiques (au «centre» mais, contrairement à Jacques Maritain, il se montra plutôt critique de la démocratie chrétienne). Sa contribution – considérable – à la philosophie du Moyen Âge déborde de beaucoup le thomisme, mais il se peut que les thomistes du xxe siècle – plus d’un fut maurrassien et maréchaliste –, des positions religieuses assez conservatrices à la fin de sa vie (contre Teilhard de Chardin, contre les traductions de la nouvelle liturgie, contre les excès conciliaires) et une mise à distance générale de la philosophie chrétienne (qu’il a défendue) dans la seconde moitié du xxe siècle aient joué contre sa mémoire. Force est de constater aussi la quasi-absence de toute confrontation avec les philosophes d’après le «tournant de 1800» : Kant, Hegel, Marx, Freud, Nietzsche, Heidegger, Merleau-Ponty, Sartre, etc. ne font pas partie de ses intérêts intellectuels. La biographie excellente que lui consacre l’historien Florian Michel répare néanmoins un oubli injustifié. Même s’il manque un chapitre spécifique sur l’œuvre, elle éclaire les nombreuses facettes d’un philosophe qui eut un grand rayonnement en France et à l’étranger, en particulier au Canada et aux États-Unis. Sont annexées des lettres significatives de Gilson à Maurice Blondel, Léon Brunschvicg, Henri Bergson, Paul Valéry, François Mauriac, Jules Romains et d’autres.

Jean-Louis Schlegel

 

Vrin, 2018
464 p. 35 €

Jean-Louis Schlegel

Philosophe, éditeur, sociologue des religions et traducteur.   Jean-Louis Schlegel est particulièrement intéressé par les recompositions du religieux, et singulièrement de l'Eglise catholique, dans la société contemporaine. Cet intérêt concerne tous les niveaux d’intelligibilité : évolution des pratiques, de la culture, des institutions, des pouvoirs et des « puissances », du rôle...

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