Notes de lecture

Dans le même numéro

L’État islamique 
de Mossoul. Histoire 
d’une entreprise totalitaire, d'Hélène Sallon

avril 2018

#Divers

Ce livre raconte ce qui s’est passé à Mossoul entre la prise de la ville par Daech en juin 2014 et sa reprise par les unités antiterroristes irakiennes en juillet 2017. Et c’est bien sûr une histoire effroyable, racontée à une journaliste du Monde par des témoins de première main. Notons seulement, à propos de la chute de Mossoul, que son écroulement est dû en partie à une population (sunnite) presque indifférente, excédée par les abus et la corruption de l’administration, de la police et de l’armée alors sous ­l’autorité du gouvernement (chiite) de Bagdad. Une fois la ville conquise, c’est la mise en coupe réglée « califale », par la violence et la terreur, de la population (femmes, jeunes, Yézidis…) et des institutions : ­l’enseignement, l’université, les hôpitaux, l’économie, le patrimoine, la vie quotidienne, etc. passent sous le contrôle brutal et destructeur des hommes de Daech. Tout cela est en partie connu maintenant, mais ce récit vivant de la barbarie pure, avec l’« unité de lieu » que constitue Mossoul, ville millénaire et légendaire d’Irak, est aussi fascinant autant que triste.

La Découverte, 2018
284 p. 19 €

Jean-Louis Schlegel

Philosophe, éditeur, sociologue des religions et traducteur.   Jean-Louis Schlegel est particulièrement intéressé par les recompositions du religieux, et singulièrement de l'Eglise catholique, dans la société contemporaine. Cet intérêt concerne tous les niveaux d’intelligibilité : évolution des pratiques, de la culture, des institutions, des pouvoirs et des « puissances », du rôle...

Dans le même numéro

Comment se fait aujourd’hui le lien entre différentes classes d’âge ? Ce dossier coordonné par Marcel Hénaff montre que si, dans les sociétés traditionnelles, celles-ci se constituent dans une reconnaissance réciproque, dans les sociétés modernes, elles sont principalement marquées par le marché, qui engage une dette sans fin. Pourtant, la solidarité sociale entre générations reste possible au plan de la justice, à condition d’assumer la responsabilité d’une politique du futur. À lire aussi dans ce numéro : le conflit syrien vu du Liban, la rencontre entre Camus et Malraux et les sports du néolibéralisme.