La révolution arabe

Dix leçons sur le soulèvement démocratique


« Les Arabes ne sont pas une exception », « Les musulmans ne sont pas que musulmans », « La jeunesse est en première ligne », « Les réseaux sociaux ne font pas le printemps », « On peut gagner sans chef », « L’alternative à la démocratie est le chaos », « Les islamistes sont au pied du mur », « Les djihadistes n’intéressent plus que les dictateurs », « La Palestine au cœur demeure », « La renaissance n’est pas une partie de domino ». Telles sont les dix leçons d’un soulèvement arabe que l’auteur qualifie de démocratique en raison de son caractère populaire, et qu’il ne cherche pas à unifier démesurément en renchérissant sur le discours de la contagion. Bien au contraire, en mettant en avant la fin du panarabisme et du panislamisme, celle de l’umma laïque ou religieuse, il suggère de considérer ces « dix thèmes » dans le prisme de chaque cas de figure. Aujourd’hui, entre les pays du Maghreb, la Libye, l’Égypte, la Syrie et les pays du Golfe, les scénarios sont divers et contrastés. Il n’en reste pas moins que l’on a bien assisté à un soulèvement dans le monde arabe : les Cassandre pessimistes qui annonçaient d’emblée un automne du printemps arabe devraient méditer cet ouvrage d’histoire immédiate qui souligne les liens de ces mouvements (quoi qu’il en soit du rôle ici minoré des internautes) avec ceux qui accompagnent la mondialisation dans les sociétés. Tout en valorisant une revanche du social qui ne se traduit pas par un accès direct à la démocratie, l’auteur insiste sur la nécessité de ne pas céder au chaos. Ce qui est un facteur de démocratisation : « La seule alternative à la démocratie est le chaos : c’est bien pourquoi les dictatures s’acharneront à rendre le plus chaotique possible la transition démocratique. » C’est d’ailleurs toujours le cas en Syrie, où le régime en place n’a de cesse de viser le risque islamiste… comme les médias occidentaux qui se remettent mal du succès d’Ennahda en Tunisie !

O. M.

Fayard, 2011
252 p. 18 €