Le nouveau Moyen-Orient

Les peuples à l'heure de la révolution syrienne


 

 

 

Avant Une histoire de Gaza (Paris, Fayard, 2012), Jean-Pierre Filiu avait publié en 2011 (voir une brève dans Esprit, décembre 2011) un ouvrage destiné à tirer les dix leçons de la révolution arabe en cours depuis les événements qui ont secoué la Tunisie, l’Égypte et la Libye. Si ces dix leçons ont été considérées par certains comme optimistes et peuvent l’être plus encore aujourd’hui au regard des événements, ce « nouveau Moyen-Orient » met cette fois l’accent sur la révolution syrienne, à savoir le mouvement civil et militaire qui cherche depuis mars 2011 à déstabiliser « l’État de barbarie » (une expression de Michel Seurat reprise par Filiu) dont la capacité de survie ne s’explique pas uniquement par les équilibres internationaux et le blocage du Conseil de sécurité par la Russie. Déployant une connaissance hors pair du terrain, Jean-Pierre Filiu met en rapport un type d’exercice de la violence par le pouvoir et les réponses apportées par les différentes composantes de la révolution. Car là réside l’essentiel : « L’ancien régime est mis à bas, non par une intervention étrangère, non par un consensus extérieur, mais par le peuple syrien. » Porté par une révolution du peuple, le nouveau Moyen-Orient en gestation violente se démarque de celui que des néoconservateurs « ont cru enfanter en Irak, [et] commence d’émerger aujourd’hui en Syrie ». On comprend mieux alors la cohérence des publications successives de l’auteur et l’intérêt manifeste de celui-ci sur la formation du système Assad et sur les principales séquences de la révolution syrienne. Mais nous aurons l’occasion de revenir sur ce livre que nous attendions !

O. M.

 

 

 

Fayard, 2013
408 p. 22 €