État de vigilance

Critique de la banalité sécuritaire


Pour ceux à qui cet ouvrage aurait échappé (Le Bord de l’eau, 2010), il est possible de se rattraper avec ce format de poche, d’autant que la postface inédite souligne qu’au cours de ces dernières années, les politiques sécuritaires continuent de restreindre les libertés publiques (l’état d’urgence en France, par exemple) et les désirs de murs restent vivaces (notamment face aux vagues migratoires en Europe). Le diagnostic est adossé à une étiologie précise : « La banalité sécuritaire s’installe dès lors qu’une éthique de la préservation du monde s’est substituée aux politiques de la transformation sociale, ce qui ne devient à son tour possible qu’à une époque où le sentiment de vivre au bord d’un abîme s’est largement diffusé dans les sociétés occidentales. » Dans ce contexte, « les subjectivités vigilantes » mettent la raison au service de la conservation de soi et ne perçoivent plus du monde que ce qui les menace.

J. C.

Points, Essais, 2016
200 p. 7,80 €