Fascisme français?

La controverse


Cet ouvrage collectif est une réaction au livre d’entretiens récemment paru de l’historien Zeev Sternhell (Histoire et Lumières. Changer le monde par la raison, Albin Michel, 2014) qui prolonge une querelle déclenchée par la parution de son Ni droite ni gauche en 1983. Dans ce travail d’histoire des idées, Sternhell voulait démontrer l’existence d’un fascisme dont la France aurait été un « laboratoire intellectuel », ce que les historiens hexagonaux, par provincialisme ou mauvaise foi, refuseraient de reconnaître. Cet ensemble revient sur cette controverse régulièrement alimentée. La reprise d’articles déjà parus de Jacques Julliard (« Sur un fascisme imaginaire ») et d’Emilio Gentile (« Qu’est-ce que le fascisme ? ») permet de faire le point sur la définition même du fascisme et son application à la France. Paul Thibaud fait très finement le point sur l’attitude de Mounier et d’Esprit, mis en cause par Sternhell. Jean-Paul Thomas montre le durcissement progressif de la thèse de Sternhell à propos des Croix de feu et du Parti social français et Jean-Pierre Azéma revient sur la nature du régime de Vichy. La controverse concerne aussi le comparatisme, puisqu’elle suppose l’utilisation d’une même catégorie pour décrire des partis et des régimes en France, en Italie et en Allemagne (Marie-Anne Matard-Bonucci, Rainer Hudemann). Au-delà des questions de personne, une bonne occasion de faire le point sur les mouvements politiques des années 1930 et leur transformation après 1940.

M.-O. P.

CNRS Editions, 2014
254 p. 20 €