Jan Patočka, 1971
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Jan Patočka, penseur de l’Europe

À quelques semaines des prochaines élections au Parlement européen, nous poursuivons la publication d’une série d’articles consacrés à « l’idée d’Europe »*. Dans ce quatrième texte, Georges-Elia Sarfati évoque l’œuvre du  philosophe tchèque Jan Patočka et son combat pour la liberté, ancrés dans une phénoménologie de l’histoire marquée, comme nos psychologies individuelles, par les mouvements de l’existence.

La vie et l’œuvre de Jan Patočka (1907-1977) sont ancrées dans les combats moraux et politiques du XXᵉ siècle. Penseur tchèque aux prises avec le nazisme et le stalinisme, Patočka soutient les droits de la pensée à interroger le sens de l’humanité européenne, héritière d’un projet philosophique qui naît d’abord dans l’ère présocratique, puis s’affirme avec Platon, sous le rapport du « soin de l’âme », avant d’être repris et développé par la phénoménologie de Husserl et de Heidegger.

Disciple direct du fondateur de la phénoménologie, Patočka n’aura de cesse d’interpréter la pensée séminale de Husserl dans le sens d’un approfondissement de sa thèse princeps, héritée de Socrate, en vertu de laquelle l’Europe est une forme historico-philosophique[1]. Mais sa réflexion consistera notamment à mettre en perspective ce postulat, en s’efforçant de rendre compte du long processus intellectuel et matériel qui mène du « monde de la pré-histoire » au « monde de l’histoire », puis de la « post-histoire » qui caract&

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