Botticelli, La calomnie d'Appelle (v. 1495, détail)
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La haine civile

Les dénigrements sur les réseaux sociaux, les débordements de certains mouvements et les discours politiques intolérants, sans nécessairement conduire à la guerre civile, constituent une menace pour la démocratie. 

L’indignation et la colère se sont récemment effacées, dans le vocabulaire politique français, au profit de la haine. En règle générale, ce sont les observateurs extérieurs qui, sur le mode de la constatation ou de la réprobation, font usage de ce terme (lorsque la haine est invoquée par les acteurs eux-mêmes, comme c’est le cas chez Zola, elle est pensée comme un moyen au service de fins morales). Il est clair cependant que le terme, pris en des sens aussi nombreux que vagues et appliqué à des phénomènes variés (les dénigrements ou harcèlements sur les réseaux sociaux, les débordements violents de certains mouvements revendicatifs, les discours intolérants d’une vie politique de plus en plus polarisée, etc.) n’est pas d’un grand secours lorsqu’il s’agit d’interpréter ces phénomènes sociaux et politiques. Tout au plus signale-t-il, dans ses utilisations les plus prudentes, une inquiétude légitime relative à l’avenir de notre démocratie1.

Mais à de rares exceptions près, les phénomènes inquiétants rangés sous ce terme de haine sont pensés, dans ces mises en garde, comme l’antichambre de la guerre c

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