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Flux d'actualités

Le Jazz, le Nègre et l’Afrique

octobre 2015

#Divers

Joue-moi la seule « Solitude », Duke, que je pleure jusqu’au sommeil. (Senghor)

 

Le Jazz, le Nègre et l’Afrique forment une sorte de triptyque qui propose une articulation dynamique de la relation entre oppression, résistance et culture. Le discours savant sur le jazz s’est progressivement détourné de la véritable portée philosophique et éthique de cette généalogie, privilégiant « l’art pour l’art » et le réduisant ainsi à un simple objet formel et sémiotique, quand il ne s’enfermait pas dans le récit sur les « origines » aboutissant inévitablement à la banalité du discours sur l’hybride culturel. La pratique même du jazz, obsédée par la démultiplication de la virtuosité, s’est elle aussi peu à peu détachée de l’Afrique et puis du Nègre. Elle perdait ainsi toute la charge symbolique dont Frantz Fanon  avait chargée cette figure: « Je suis nègre et des tonnes de chaînes, des orages de coups, des fleuves de crachats ruissellent sur mes épaules. Mais je n’ai pas le droit de me laisser ancrer[1]. »

L’album VSNP – Very Special New Production (One Drop/Rue Stendhal, 2013) du musicien et compositeur d’origine congolaise Ray Lema vient réveiller le spectre matriciel de l’Afrique dans le jazz. Ce musicien-monde, précurseur du mouvement world music avant sa récupération commerciale, tantôt musicien africain traditionnel et moderne, soliste pour orchestre symphonique ou musi

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