British Red Cross via Wikimedia
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Eugène Rwamucyo : un intellectuel génocidaire devant la Cour d’assises

Le docteur Eugène Rwamucyo a été condamné en octobre à vingt-sept ans de réclusion pour complicité du génocide des Tutsi au Rwanda. Sa défense, qui récusait toute participation au génocide tout en remettant en cause la réalité historique de ce dernier, offre un exemple de mobilisation intellectuelle au service d'un projet génocidaire.


Depuis maintenant dix ans, des suspects rwandais sont jugés en France pour leur participation alléguée au génocide des Tutsi au Rwanda. L’actuelle récurrence de ces procès contraste, au moins partiellement1, avec l’ « errance judiciaire2 » de la France vis-à-vis du génocide de 1994 – errance qui fut aussi d’ordre politique. La normalisation des relations entre les deux pays, qui s’est accélérée depuis 2021 et la remise du rapport de la Commission Duclert, a aussi confirmé l’effort entrepris par l’institution judiciaire depuis 2012 grâce à la création du pôle « Crimes contre l’humanité » au sein du Tribunal de Paris, avec le concours ininterrompu des associations de parties civiles franco-rwandaises depuis 1994. À ce titre, les audiences en France sur le génocide des Tutsi revêtent un double intérêt : alors qu’elles constituent des scènes de témoignage sur le génocide, à travers la prise de parole des victimes mais aussi d’anciens bourreaux, elles montrent aussi comment des Cours d’assises « ordinaires », composées de magistrats et de jurés, jugent des crimes de masse commis plusieurs décennies auparavant, dans un pays étranger à la Cour.

Le récent procès d’Eugène Rwamucyo en donne une illustration : réfugié en France depuis le début des années 2000 – où il exerçait comme médecin à l’hôpital de Maubeuge – le docteur Rwamucyo est visé par une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) dès avril 2007 pour des faits de génocide et de complicité de génocide à Butare, région du sud du Rwanda où il était installé depuis 1992. Son procès s’est déroulé en octobre 2024, trente ans après le génocide3: au cours de celui-ci, la Cour a pu entendre des dizaines de témoins accusant le médecin d’avoir contribué à l’enfouissement des victimes tutsi et d’avoir participé à des réunions politiques de haut niveau pendant le génocide.

Si Eugène Rwamucyo a été acquitté en ce qui concerne l’accusation de génocide et de crimes contre l’humanité en tant que telle, la Cour l’a reconnu coupable de complicité de génocide et de complicité de crimes contre l’humanité et l’a condamné à 27 ans de prison ; une lourde peine, si on la compare à celle d’autres accusés rwandais reconnus coupables de faits de complicité par la Cour d’assises4. La décision de la Cour s’explique par la singularité du rôle de médecin, comme elle l’a expliqué dans la motivation du jugement : « [Eugène Rwamucyo] a fait usage de son autorité et de son prestige que lui conférait son statut d’intellectuel et de médecin auprès de civils dont il a fait des exécutants efficaces d’une stratégie destructrice destinée à ne laisser aucun survivant parmi les réfugiés [tutsi] pourchassés 5 ». Le cas d’Eugène Rwamucyo offre ainsi un bon exemple de cette mobilisation des intellectuels rwandais au service du génocide. Ce dernier n’a d’ailleurs jamais renié son statut de notable : plutôt que de contester les faits qui lui étaient reprochés, l’accusé a transformé son procès en tribune de remise en cause de l’histoire du génocide des Tutsi, comme en atteste ses déclarations et celles des témoins qu’il a fait citer pour sa défense. Niant son propre rôle et s’obstinant à questionner la réalité du génocide des Tutsi, le docteur Rwamucyo est resté, dans le prétoire, l’intellectuel idéologue qu’il était en 1994.

Un intellectuel au service du génocide 

Né en 1959, en plein cœur de la « Révolution sociale6 », Eugène Rwamucyo appartient à l’une des premières générations de Hutu rwandais issus de l’indépendance, constituant l’élite du pays au cours des années 1990. L’émancipation du Rwanda est alors indissociable d’une persécution massive des Tutsi7 qui ponctue aussi la vie académique et politique de l’accusé : en 1973, au moment des grandes purges anti-Tutsi au sein des écoles et de la fonction publique, Eugène Rwamucyo, alors jeune séminariste, est renvoyé du petit séminaire de Byumba pour s’en être pris à ses camarades tutsi. Des années plus tard, il rejoint Léningrad, où il obtient un doctorat en médecine du travail et en épidémiologie au début des années 1990. En URSS, il officie comme le représentant des étudiants rwandais boursiers, responsable d’une cellule locale du MRND (Mouvement révolutionnaire national pour le développement), parti du président Juvénal Habyarimana.

Son implication politique s’est poursuivie à son retour au Rwanda, où il intègre l’Université nationale du Rwanda (UNR), à Butare, en tant qu’enseignant. Il se lie alors à la CDR (Coalition pour la défense de la République), le parti le plus virulent à l’encontre des Tutsi, dont il intègre la commission aux affaires sociales et à l’éducation. L’idéologie du médecin se comprend au regard de ses amitiés : proche collaborateur des médias extrémiste, il appartient au noyau intellectuel du « Hutu Power » prônant un front ethnique contre les Tutsi et contre le Front patriotique rwandais (FPR), rébellion des Tutsi exilés cherchant à revenir au pays. Le 6 avril, après la mort du président Habyarimana et la constitution d’un gouvernement intérimaire attelé à la mise en œuvre du génocide, la région de Butare, foyer d’opposition au MRND et dirigée par un préfet tutsi, est longtemps épargnée par les massacres. Toutefois, les autorités gouvernementales brisent la résistance le 17 avril 1994 : le préfet Jean-Baptiste Habyarimana est démis de ses fonctions par le président intérimaire, Théodore Sindikubwabo, qui appelle dans la foulée les Hutu de la région à prendre leur part du « travail » : l’extermination des Tutsi.  

L’accusé ayant bénéficié d’un non-lieu partiel sur sa participation directe aux massacres – notamment dans sa propre université –, la Cour a examiné l’aide matérielle, logistique, mais aussi intellectuelle apportée au génocide. Alors que les premiers massacres ensanglantent Butare, Eugène Rwamucyo se serait attelé à la rédaction d’un rapport à destination des autorités, et intitulé : Action sociosanitaire et humanitaire en cas de catastrophe provoquée ; un texte théorique ampoulé, déconnecté de la situation d’urgence qui prévalait alors. Or, les préconisations « humanitaires » du médecin ne visaient pas le secours aux victimes tutsi – absentes du rapport – mais la gestion des corps ; un problème de premier ordre, aux yeux du médecin, qui nécessitait tous les moyens humains et logistiques « pour assainir la ville de Butare et ses environs », alors que des milliers de victimes étaient massacrées dans les rues. « Ce que j’écrivais là, c’est ce qu’écrit tout hygiéniste », s’est-il défendu à l’audience, ne niant jamais avoir organisé ces enfouissements, tout en récusant les implications criminelles de ses actes. L’absence de toute préoccupation pour les Tutsi menacés reflète pourtant l’adhésion du médecin au génocide en cours, lui qui recommandait, en outre, l’utilisation d’une tractopelle pour enfouir les cadavres dans de nombreuses fosses. Sa complicité trouvait ici une de ses plus fortes illustrations, comme l’a soutenu le Parquet lors du procès : l’« enfouissement » des victimes, qui impliquait l’achèvement des derniers survivants, n’était qu’une étape finale dans le processus de mise à mort, le parachèvement de la destruction des Tutsi.

Le rôle d’Eugène Rwamucyo fut aussi politique et même idéologique, alors qu’il prit part à l’organisation d’une série de réunions aux côtés des plus hauts responsables du pays. Ses allégeances de l’avant-génocide ont refait surface, comme lors de la visite du premier ministre Jean Kambanda à l’UNR, où Eugène Rwamucyo a assuré le chef du gouvernement de son soutien sans équivoque. À la fin du mois de juin, alors que la guerre fait rage devant l’avancée du FPR, il convie ses collègues à une « table ronde politique » avec, comme ordre du jour, la définition d’éléments de langage à destination de la communauté internationale afin de récuser toute existence d’un génocide ; une réflexion intellectuelle, en plein cœur de la guerre, pour tenter de faire valoir au monde une version des faits alternative et se défendre de toute participation à un génocide, avant même que celui-ci soit terminé. Sa condamnation a ainsi souligné sa qualité d’intellectuel au service du génocide. À ce titre, Eugène Rwamucyo est apparu comme un membre à part entière d’une élite hutu soudée autour de son identité politique, construite autour du récit d’un Rwanda destiné à s’émanciper, dans la violence, de la « domination » tutsi. C’est au cœur de cette organisation collective qu’Eugène Rwamucyo a remobilisé ses compétences professionnelles et ses convictions politiques en soutien au génocide. Ce que l’accusé a nié énergiquement.

Une défense de négation ?

La défense adoptée par Eugène Rwamucyo a pu sembler paradoxale : tout en récusant sa participation au génocide au titre de complice, ce dernier a aussi contesté, plus ou moins clairement, la réalité même des massacres. Précisons que cette négation ne fut jamais directe : si l’accusé a expliqué à la Cour reconnaitre pleinement le génocide, il a remis en cause tout ce qui compose sa réalité historique, soit le meurtre systématique des Tutsi, la mobilisation de l’État dans la conduite des massacres, le nombre des victimes, la réalité des destructions.

Dans ses réponses aux questions de la Cour, Eugène Rwamucyo a ainsi entretenu le flou, dépeignant le génocide comme un chaos dénué de toute lisibilité, notamment en termes d’identité des perpétrateurs et des victimes. À la question de savoir qui tuait et qui était tué, il a affirmé : « J’aurais pu être tué ! À cette période de polarisation politique et régionale, tout le monde était en danger, oui, oui, tout le monde… » Mais, simultanément, Eugène Rwamucyo a expliqué n’avoir pas même vu de « barrières » à Butare, ces barrages routiers sur lesquels étaient interpellés et mis à mort les Tutsi. Pressé de reconnaitre leur existence évidente, il a finalement mis en doute, jusqu’à l’absurde, l’identité réelle des assaillants, en s’appuyant sur l’identité l’ethnique ambivalente de l’un de leurs chefs : « Avec le recul […], il apparait que le président [des interahamwe] à Butare était tutsi8. Je me pose la question, ce qu’il a fait sur les barrières, je ne le sais pas. Pourquoi les responsables interahamwe tutsi visaient les Tutsi ? »

 Attribuer aux Tutsi une responsabilité première dans les massacres constitue une rengaine du négationnisme du génocide ; une thèse selon laquelle le FPR et Paul Kagame, l’actuel président du Rwanda, auraient « sacrifié » les « Tutsi de l’intérieur » pour prendre le pouvoir, au titre d’un calcul machiavélique9. L’accusé, toutefois, n’a pas souhaité assumer directement ce type de thèses, auxquelles il ne fait pourtant aucun doute qu’il souscrit. Il a donc fait citer les témoins pouvant le faire à sa place, détournant ainsi le procès pour amener la Cour sur le terrain du révisionnisme. Sa défense a ainsi fait citer Jean Kambanda, l’ancien premier ministre du gouvernement intérimaire, condamné pour génocide par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Témoignant en visioconférence depuis sa prison au Sénégal, ce dernier s’est présenté comme un « prisonnier politique des Nations unies », profitant de son temps de parole pour se dédouaner de toute responsabilité et pour pointer les « dossiers cachés » du FPR. Pareillement, Jean-Marie Vianney Ndagijimana, ancien diplomate et éphémère ministre des Affaires étrangères rwandais au lendemain du génocide, a expliqué que le génocide des Tutsi s’était aussi accompagné d’un « génocide des Hutu », dissimulé par les instances internationales. Plus révélateur encore est la citation à témoigner de Charles Onana : auteur de nombreux pamphlets remettant en cause la « version officielle » de l’histoire du génocide des Tutsi, son audition a dû être reportée en raison de sa convocation devant la 17e chambre du tribunal correctionnel dans le cadre de son propre procès pour contestation du génocide des Tutsi10…

Tous ces témoins partagent des éléments de langage identiques, qu’ils font circuler dans les milieux de la diaspora rwandaise, mais aussi dans leurs pamphlets et sur les réseaux sociaux ; tous évoquent, sur le ton de la révélation, des rapports « sous embargo », des dossiers secrets, une boite noire de l’avion présidentiel abattu, jamais découverte jusqu’à aujourd’hui. Et tous ont en commun, comme l’a souligné la Cour dans sa motivation, une « posture négationniste, voire complotiste11 », exposée au grand jour lors du procès.

Rappelons que ces discours ne sont pas nés après le génocide : si, au TPIR, les conseils des accusés leur ont conseillé de « tout nier en bloc […] y compris le génocide 12 », l’accusation en miroir à l’encontre des Tutsi trouve ses origines dans les discours de la propagande élaborés dès 1990, dès les débuts de la guerre contre le FPR. Dès cette époque, le journal de propagande raciste Kangura prêtait aux Tutsi un projet d’extermination des Hutu13, et le massacre des premiers fut ainsi présenté par les seconds comme une mesure préventive de sauvegarde du « peuple majoritaire » hutu. Après leur mise en déroute en juillet 1994, les anciens cadres du régime et de l’armée ont continué à écrire nombre d’ouvrages et de témoignages visant à rétablir « leur » vérité, afin de faire peser la principale responsabilité des faits à l’ennemi, c’est-à-dire au FPR14. Autant de discours qui ne résultent pas des poursuites judiciaires, mais qui sont la marque persistante de l’idéologie ayant mené au génocide.

Un accusé resté « en guerre »

Le rattachement de l’accusé à de telles thèses a pu donner l’impression d’une défense à deux vitesses, écartelée entre les arguments de ces témoins et les tentatives de modération de son conseil. Si les avocats d’Eugène Rwamucyo, maîtres Françoise Mathe et Philippe Meilhac, ont, eux aussi, axé leur discours de défense sur une relecture historique du génocide, ces derniers ont présenté leur client comme déconnecté de la situation en 1994, à l’image des autorités de l’époque, attirant l’attention des jurés sur la formation (douteuse) du médecin au socialisme soviétique lors de ses études. Mais cet écart entre les défenseurs et leur client montre que ce qui se déroule à l’audience dépasse, pour l’accusé, le seul enjeu judiciaire : son procès fut un moment politique, destiné à lui offrir l’occasion de livrer sa version des faits et à dénoncer une prétendue manipulation de l’histoire par ses ennemis ; une conception propre aux anciens notables nostalgiques du régime de l’ancien président Habyarimana (« un homme digne d’hommage », a affirmé l’accusé), et restés en guerre depuis 1994.

Il ne fait pas de doute que l’attitude de l’accusé, à travers sa remise en cause du génocide jusqu’à l’absurde, lui fut profondément préjudiciable. Sans doute faut-il comprendre que, même face au péril de leur condamnation, Eugène Rwamucyo n’a pas récusé ce qu’il a cru pendant toute sa vie, tout simplement parce qu’il continue d’y croire. Surtout, à l’image du médecin, les accusés pour le génocide des Tutsi ne sont pas seuls dans cette entreprise intellectuelle et militante. Lors de son procès, les bancs du public étaient en grande partie occupés par les soutiens d’Eugène Rwamucyo : amis, familiers ou alliés en tout genre. Ses convictions idéologiques n’avaient eu aucune raison de faiblir en l’espace de trente ans, d’autant qu’elles sont partagées par d’autres et s’inscrivent dans un combat collectif : le combat pour sa libération est indissociable d’un combat pour une version alternative de l’histoire. Pour l’accusé et ses alliés, le procès fut donc un lieu de continuation de la guerre ; une guerre idéologique et politique cette fois, que les anciens dignitaires du régime rwandais continuent de livrer au FPR, et ce même au détriment de l’efficacité de leur défense pénale. Peu après le verdict, les soutiens de l’accusé ont protesté avec vigueur, clamant que leur combat n’était pas terminé.

Ainsi, ces procès, éloignés du Rwanda et de l’année 1994, font malgré tout apparaître les conséquences toujours présentes du génocide : le traumatisme continu des victimes et le poids des souffrances au présent d’un côté ; l’impossible sortie de guerre des exilés accusés de crime de génocide, de l’autre. Eugène Rwamucyo ne s’en est nullement caché, en affirmant qu’il attendait encore la « victoire » de la « majorité populaire », les Hutu, contre le FPR15.

 

  • 1. Si les procès d’accusés de génocide se multiplient, les poursuites concernant la responsabilité de la France sont au point mort. Le 15 novembre dernier, le tribunal administratif a rejeté une requête portée par plusieurs associations sur les fautes de l’État français pendant le génocide. Il en est de même au sujet des plaintes de rescapées tutsi accusant des militaires français de viols commis lors de l’opération Turquoise.
  • 2. Comme l’a écrit dans un précédent numéro Joël Hubrecht, « Une longue errance. La justice française et la “complicité de génocide” au Rwanda », Esprit, Octobre 2021, no 478, p. 38-42.
  • 3. Le parquet a ouvert une information judiciaire à son encontre en 2010. À l’issue de la fin de l’instruction en 2018, Eugène Rwamucyo a multiplié les recours contre son renvoi devant la Cour d’assises, qui furent tous rejetés.
  • 4. Claude Muhayimana, ancien chauffeur dans l’ouest du Rwanda en 1994, fut condamné à une peine de 13 ans de prison en 2021. Pareillement, Laurent Bucyibaruta, ancien préfet de Gikongoro, plus haute autorité rwandaise jamais jugée devant une juridiction nationale, a été condamné à 20 ans de prison pour complicité de génocide en 2022.
  • 5. Cour d’assises de Paris statuant en première instance, Affaire Eugène Rwamucyo, Feuille de motivation, p. 30, consultable sur le site du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), mis en ligne le 5 novembre 2024.
  • 6. La « Révolution sociale » désigne le soulèvement des élites hutu, soutenu par le colonisateur belge, contre la monarchie qui régnait alors sur le Rwanda. Mené par Grégoire Kayibanda (1924-1976), fondateur du Parmehutu (Parti du mouvement de l’émancipation hutu) et premier président de la République du Rwanda, le pays obtient officiellement son indépendance en 1962.
  • 7. Dès 1957, et plus particulièrement à partir de 1959, les Tutsi font l’objet de pogroms violents dans l’ensemble du pays, poussant des centaines de milliers d’entre eux à trouver refuge dans les pays frontaliers. 
  • 8. L’accusé fait référence à Robert Kajuga, effectivement tutsi par son père, mais s’étant toujours considéré comme hutu – d’où son statut de chef des interahamwe locaux.
  • 9. Certains de ces écrits ont eu une couverture médiatique importante. Voir par exemple l’ouvrage de la journaliste canadienne Judi Rever, Rwanda, l’éloge du sang, dans lequel elle prétend que les soldats du FPR étaient présents sur lesdites barrières et auraient manipulé les Hutu pour se liguer contre les Tutsi… Jusqu’à affirmer, sans preuve, que ces soldats auraient utilisé des camions comparables à ceux des Einsatzgruppen. Voir Ornella Rovetta, « “Rwanda, l’éloge du sang” Les crimes du Front Patriotique Rwandais », Témoigner. Entre histoire et mémoire, no 133, octobre 2021, p. 14‑18.
  • 10. Il fut d’ailleurs reconnu coupable de complicité de contestation publique de l’existence d’un crime contre l’humanité le 9 décembre 2024.
  • 11. Feuille de motivation, p. 3. Souligné par nous.
  • 12. Comme l’a reconnu Jean Kambanda lui-même devant les enquêteurs du TPIR. L’ancien premier ministre a d’abord envisagé un plaidoyer de culpabilité avant de se rétracter. Interrogatoire de Jean Kambanda par les enquêteurs du TPIR, transcription du 22 septembre 1997, cassette 1D, p. 6.
  • 13. Voir les exemples non exhaustifs cités dans Jean-Pierre Chrétien (dir.), Rwanda, les médias du génocide, Paris, Karthala, 1999, p. 97, 122, 133, 150.
  • 14. Sur ce point, voir le long et éclairant article d’Hélène Dumas, « L’histoire des vaincus : négationnisme du génocide des Tutsi au Rwanda », Revue d’Histoire de la Shoah, n. 190, no 1 (2009), p. 299-347.
  • 15. À l’issue du verdict, le 30 octobre 2024, les avocats d’Eugène Rwamucyo ont annoncé leur intention de faire appel.