Beppe Grillo : quand les étoiles s'éteignent
Le Mouvement 5 étoiles du comique Beppe Grillo a créé la surprise aux élections législatives italiennes de février 2013, et le désordre dans la formation du gouvernement. Mais ce « recours » contre les partis traditionnels, leur corruption et leur incompétence, a lui aussi déçu les électeurs. Cette expérimentation offre-t-elle des perspectives pour un renouvellement de l’action collective ?
Dans un système politique sclérosé, où les partis participent à l’immobilisme et à l’augmentation de la défiance des citoyens, la solution peut-elle venir d’un mouvement « de la base », ou qui se veut tel ? La vie politique italienne a connu ces derniers mois de nombreux soubresauts, qui ont mis en lumière l’inadéquation profonde des principaux partis politiques italiens vis-à-vis de la crise – économique, politique, morale – que traverse le pays.
Après la démission de Mario Monti en décembre 2012, qui a mis fin à son gouvernement technique nommé (sans élections) en novembre 2011, les élections législatives de février 2013 ont finalement débouché, après plusieurs semaines de blocages, d’interrogations et d’invectives, sur un gouvernement d’alliance entre le Parti démocrate (centre gauche) et le Peuple de la liberté (centre droit) de Silvio Berlusconi, gouvernement très chancelant, qui pâtit des vicissitudes judiciaires du patron du Pdl. L’absence de majorité au Sénat était due à la loi électorale en vigueur, qui n’accorde la « prime de majorité » qu’à la Chambre, mais aussi – et c’est ce qui a marqué – à la spectaculaire ascension du Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, qui a remporté près d’un quart des voix, devenant ainsi le premier parti d’Italie (le PD et le Pdl s’étant présentés aux élections en coalition avec d’autres partis). Ou plutôt, le premier « mouvement », Grillo refusant justement les partis et la « partitocratie » italienne, la « caste1 » qui, selon lui, confisque la voix du peuple et corrompt la démocratie.
Les parlementaires du Mouvement 5 étoiles ont refusé de faire alliance avec le PD. Devant l’impossibilité de désigner un candidat à la présidence2, le PD et le Pdl ont finalement réélu, événement inédit depuis l’avènement de la république en 1948, Giorgio Napolitano, âgé de 88 ans. Ils ont ensuite formé un gouvernement de coalition pour faire passer des réformes prioritaires (notamment celle de la loi électorale, qui n’a pas véritablement abouti) avant d’organiser de nouvelles élections. Pendant ces mois houleux, les parlementaires du Mouvement 5 étoiles ont donc refusé de faire une coalition avec la gauche, se sont divisés sur la désignation du candidat à la présidence, ont mis en place un système de restitution d’une partie de leurs indemnités de parlementaires, et certains d’entre eux ont fait sécession du groupe, ou s’en sont fait exclure, entre autres (c’est le cas de la sénatrice Adele Gambaro) pour avoir critiqué Beppe Grillo. À la fin du mois de mai ont eu lieu des élections municipales, lors desquelles le PD est largement remonté, alors que le Pdl et le M5S s’effondraient, et qui ont également vu l’abstention atteindre des records (52 %, soit onze points de plus qu’aux précédentes municipales).
Le M5S, qui s’était construit sur des combats locaux, en remportant notamment la mairie de Parme en 2012, a donc été sanctionné par les électeurs au niveau local. Son groupe parlementaire se déchire de plus en plus. Beppe Grillo invective les journalistes et les hommes politiques « traditionnels », mais ne semble pas en mesure de proposer un programme politique cohérent. Pourquoi, alors, les intellectuels, les politistes, ceux qui craignent le populisme comme ceux qui rêvent à un renouveau de la démocratie, s’intéressent-ils tant à ce mouvement qui est passé dalle stelle alle stalle (des étoiles aux étables) et qui n’est peut-être qu’un feu de paille dans une démocratie profondément en crise ? Parce qu’il cristallise cette crise, les peurs et les espoirs qu’elle suscite. Parce qu’il a fait éclater sur les écrans, de télévision et d’ordinateur, les contradictions et les paradoxes de la Seconde République, qui a vu émerger, après la chute du mur de Berlin et l’opération Mains propres, des partis aujourd’hui à bout de souffle, qui apparaissent comme des machines sans âme (le PD) ou comme des coquilles vides ne servant qu’à faire gagner leur chef (le Pdl, la Ligue du Nord).
Le clown comptable
Grillo n’est pas un simple bouffon. Il n’est pas non plus, comme a pu l’être Coluche, un provocateur qui veut mettre en avant l’absurdité du système politique en vigueur3. Star du petit écran dont il fut écarté par Bettino Craxi, le président du conseil socialiste, dans les années 1980, il a ensuite investi la scène et les places italiennes. Dans les années 1990, il mène des enquêtes ; ayant fait des études de comptabilité, il a une certaine connaissance des questions financières et, en s’emparant de données qui sont dans le domaine public et en les analysant, il pointe du doigt, par exemple, les fragilités de l’entreprise Parmalat avant qu’elle ne dépose le bilan, dénonce une escroquerie massive pratiquée par la compagnie téléphonique nationale4, etc. Bref, il se mue en satiriste-enquêteur-militant et concentre ses accusations, à partir des années 2000, sur le milieu politique et sur la corruption des partis, propageant ses idées et ses mobilisations sur les places et sur la toile, à travers son blog, beppegrillo.it
Il lance ainsi le Vaffanculo Day (V-Day) en 2007, opération qui vise à obtenir des signatures pour présenter au Parlement une loi modifiant les conditions d’éligibilité des parlementaires, prolongement de la campagne « Parlement propre » de 2005 (en référence à l’opération Mains propres du début des années 1990). Grillo publie les noms de tous les parlementaires qui ont été condamnés à divers titres au cours de leur carrière, dénonce la caste politico-mafieuse qui règne sur l’Italie, et finit par lancer son propre mouvement politique, le Mouvement 5 étoiles (Movimento 5 stelle ou M5S) en 2009. Le succès du mouvement aux élections législatives de 2013, bien qu’il ait été très surprenant par son ampleur, n’était cependant pas le premier. Le M5S a en effet remporté plusieurs élections locales en 2012. Plus généralement, le mouvement s’est construit en s’appuyant sur des mobilisations locales, très nombreuses en Italie, et en refusant expressément de devenir un parti.
Grillo a su mettre en avant les thématiques environnementales (grands travaux, gestion publique de l’eau…), totalement absentes du paysage politique car le parti des Verts italiens est pratiquement inexistant : il a par exemple beaucoup capitalisé sur la très forte mobilisation, dans la vallée de Suse, contre la ligne à grande vitesse Lyon-Turin. Le mouvement des « no-Tav » (Treno Alta Velocità) est très composite, allant de l’aile gauche du PD aux anarchistes ; de manière générale, il rassemble plutôt des militants de la gauche de la gauche5. Nombreux sont ceux, parmi eux, qui ont voté pour Grillo, pas nécessairement par conviction, mais parce qu’il avait au moins eu le mérite de porter le débat, ce que le PD n’avait pas osé faire. En Sicile également, le M5S a remporté de nombreux succès, notamment lors des élections régionales de l’automne 2012 ; en axant sa campagne sur la lutte contre la corruption, en investissant des candidats locaux qui avaient souvent fait leurs preuves dans ce domaine, il a su convaincre les électeurs6.
Faut-il alors considérer le Mouvement 5 étoiles comme un mouvement citoyen ayant su fédérer des luttes locales toujours vivaces en Italie, pays où les identités régionales demeurent fortes, et où l’État central est souvent perçu comme inefficace ou corrompu ? Un mouvement venu de la base dont Grillo serait tout simplement le porte-voix ? C’est au moins ce qu’ont voulu voir les électeurs de gauche qui ont voté pour lui aux élections législatives ; mais l’entrée des grillini au Parlement, la difficulté à saisir le programme du mouvement, en dehors des mesures anticorruption, les divisions qui se sont multipliées et l’autoritarisme de Grillo ont bien vite fait émerger une réalité plus complexe, celle d’une entreprise politique construite par deux hommes qui, tout en dénonçant le libéralisme et ses méfaits, n’en ont pas moins une approche managériale de l’organisation. Le slogan Uno vale uno (« Chacun vaut pour un »), s’il renvoie à l’égalité fondamentale de tous les citoyens et, dans l’idéal de la démocratie directe, à leur capacité égale à peser sur les décisions publiques, peut aussi aboutir à un déni du collectif, à l’affirmation par chacun de son propre point de vue, ce qui revient, in fine, à laisser au leader le soin de trancher.
L’entrepreneur politico-numérique
Car l’idéal d’horizontalité de ce que Nadia Urbinati7 appelle la « démocratie représentative en direct » est tout relatif ; le M5S est en effet une véritable entreprise politique, lancée par Beppe Grillo et celui que beaucoup appellent son gourou, Gianroberto Casaleggio, spécialiste de communication et de stratégie en ligne, visionnaire aux cheveux longs et habile stratège. Tous deux sont d’ailleurs propriétaires du nom et du logo du mouvement. Ce dernier comprend le « V » (dans MoVimento) de la bande dessinée V for Vendetta, devenue depuis le milieu des années 2000 le symbole de nombreuses mobilisations citoyennes, et notamment celui du groupe de hackers Anonymous, qui portent le masque de Guy Fawkes, comme V dans le roman graphique. Les cinq étoiles sont censées représenter les thématiques centrales du mouvement (environnement, mobilité durable, connexion, eau publique, développement). Celui-ci, qui se présente parfois comme une « non-association », est régi par un « non-statut », qui stipule qu’il n’existe pas de siège du mouvement autre que le blog de Grillo, et qui demeure très vague sur plusieurs points, notamment sur le financement. La structure du mouvement est clairement pyramidale. À la base se trouvent les millions d’électeurs qui ont voté pour le M5S aux élections législatives, puis les dizaines de milliers qui lisent son blog et y réagissent ; ensuite viennent les membres du mouvement, ses élus locaux et nationaux, et enfin, Beppe Grillo et Gianroberto Casaleggio. Le M5S n’a pas de programme strictement défini ; refusant tout ce qui a trait aux partis et à la politique traditionnelle, il préfère mettre en avant des combats particuliers, des thématiques, qui vont de la gauche (combats pour la gestion publique de l’eau) à l’extrême droite (positions sur l’immigration, critique de l’Europe), et concentrer ses attaques sur la classe politique, y compris depuis qu’il compte plusieurs dizaines d’élus au Parlement. Le jeudi 4 juillet 2013 a ainsi eu lieu le Restitution Day (la défense de la langue italienne ne fait pas partie des chevaux de bataille de Grillo), lors duquel les parlementaires du M5S ont mis en scène, à l’aide d’une estrade et d’un chèque géant, la restitution d’une partie de leurs indemnités.
Le M5S se veut le chantre de l’horizontalité absolue, de l’égalité de tous, de la discussion et du débat dans l’immédiateté et l’absence de frontières que permet l’internet ; mais c’est une entreprise politique hiérarchisée, aux rituels bien rodés, et dont le débat est encadré. Le show de Grillo, qui a commencé sur les planches des cafés de Gênes, se poursuit aujourd’hui sur la scène politique nationale. Grillo a gardé le même modus operandi que lors de ses premières mobilisations : il associe les places publiques, où il rassemble des milliers de personnes8, au forum numérique, où chacun de ses posts de blog reçoit de nombreux commentaires. Il critique les médias, refuse les entretiens et interdit aux parlementaires grillini d’aller à la télévision ; il préfère retransmettre les réunions du mouvement en streaming sur son site… mais ne le fait pas pour toutes. Quant aux procédures de vote en ligne qui ont été mises en place à plusieurs reprises (par exemple pour la sélection d’un candidat à l’élection présidentielle), elles ont été la cible de critiques, d’une part du fait des irrégularités qu’elles ont comportées, d’autre part parce que le nombre de personnes à s’être exprimées s’est finalement révélé assez faible.
Le Mouvement 5 étoiles est profondément contradictoire, ce qui explique ses difficultés actuelles, mais aussi le succès qu’il a remporté aux élections. Grillo a en effet attiré des électeurs de droite, issus du Pdl ou de la Ligue du Nord, lassés des scandales de corruption entachant les leaders de leur parti, et des électeurs de gauche qui ne se retrouvaient pas dans la figure de Bersani et ont été attirés par la dimension participative et la volonté du M5S d’opérer en dehors des cadres des partis. Plus généralement, de nombreux Italiens, lassés de la partitocratie, ont vu en lui le moyen de donner un coup de pied dans la fourmilière de la vie politique.
Cependant, les contradictions du M5S ont émergé au grand jour depuis que le mouvement est entré au Parlement. Grillo refuse de créer un véritable parti, mais il a présenté des candidats aux élections ; il joue donc le jeu de la démocratie représentative, mais refuse les alliances, ce qui aboutit à un gouvernement d’union nationale qui rejette le M5S dans l’opposition. Et même en temps que force d’opposition, le mouvement ne parvient pas à parler d’une seule voix. Les critiques du leader ne sont pas admises et les orientations politiques sont floues. On finit alors par retomber sur les vieilles recettes du qualunquismo (mouvement populiste de l’après-guerre) : le refus des médiations, l’illusion d’une relation directe entre le chef et le peuple, ce peuple présenté comme « propre » face à des élites salies. L’approche managériale, l’incarnation du mouvement dans le chef et le spectacle permanent, toutes ces dimensions ne sont pas nouvelles dans la politique italienne. Cela fait vingt ans maintenant qu’elles occupent les écrans. Grillo ne serait-il qu’un avatar de Berlusconi ?
Leaders charismatiques et partis sans tête
Les présidents du conseil de la Première République italienne (1946-1994) ne se distinguaient pas par leur flamboyance ; après le fascisme mussolinien, la république se devait d’affirmer, non seulement des valeurs, mais aussi un style différent. L’homme politique qui a le plus marqué cette période, Giulio Andreotti, était plus Talleyrand que Napoléon9. Après l’opération Mains propres, cependant, on a vu émerger, à droite de l’échiquier politique, deux figures d’« homme fort », Silvio Berlusconi et Umberto Bossi, qui, dans leur pratique politique, semblent avoir voulu effacer l’image du technocrate partisan au profit d’un retour au leader charismatique. Et Grillo, tout en refusant le principe d’organisation du parti politique, se place dans cette même logique ; avec la différence – notable – qu’il ne s’est pas lui-même porté candidat aux élections. Mais le M5S est indissolublement lié à Beppe Grillo, à sa personne, à son corps, à sa voix. Sa crinière grisonnante, sa vulgarité délibérée, ses cris, tout cela fait partie de la performance politique ; mais que se passe-t-il quand la performance veut entrer au musée ? Que se passe-t-il lorsque ce corps, au lieu de renvoyer, par ses convulsions, à ceux qui sont au pouvoir leur image distordue et ridiculisée, se projette lui-même sur la scène politique et veut soudain incarner le peuple ? Ainsi, lorsqu’en octobre 2012 Grillo traverse le détroit de Messine à la nage pour marquer symboliquement l’arrivée du M5S et s’opposer à la construction d’un pont entre l’île et le continent, c’est à la fois un geste provocateur et une mise en scène du corps du leader qui rappelle le bain de Mao Zedong dans le Yang Tsé en 1966, ou l’obsession du corps de Berlusconi.
Ces dirigeants omniprésents, souvent omnipotents, phagocytent leur parti ou leur mouvement. Silvio Berlusconi veut ressusciter Forza Italia, le parti qu’il avait fondé en 1994 et qu’il a ensuite fait fusionner avec d’autres formations de droite pour créer l’actuel Peuple de la liberté. Mais on voit bien que le centre droit n’est plus rien en dehors de Berlusconi. De même, la Ligue du Nord d’Umberto Bossi peine à se remettre de la démission de son leader suite à une affaire de corruption. Et il est impensable d’imaginer le M5S sans Beppe Grillo. De l’autre côté de l’échiquier politique, le Parti démocrate de centre gauche souffre d’un mal inverse ; il est perçu comme un parti d’apparatchiks, héritier du parti communiste et qui, à part dériver de plus en plus vers la droite, n’a pas fondamentalement altéré sa manière de fonctionner et de promouvoir des personnalités sans relief, au sein du parti ou dans le cadre de gouvernements de coalition. Si celles-ci ont un temps pu sembler rassurantes (on pense à Giuliano Amato ou Romano Prodi), tout comme les « gouvernements techniques » auxquels l’Italie a souvent eu recours en période de crise gouvernementale, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le gouvernement de Mario Monti, nommé en novembre 2011, jouissait en début de mandat d’un taux de confiance élevé, principalement dû au soulagement d’une partie de l’électorat de s’être débarrassée de Berlusconi ; mais les mesures d’austérité et les pressions de l’Union européenne ont disqualifié l’« objectivité » que les Italiens attribuaient traditionnellement aux gouvernements techniques.
Entre des partis dévorés par leur leader et des partis sans tête, les Italiens semblent de plus en plus choisir la fuite, l’abandon du politique, comme l’a montré l’explosion du taux d’abstention aux dernières municipales. Ce qui n’est jamais bon signe, dans un pays qui traverse une crise économique profonde et où l’État est souvent vu davantage comme un obstacle que comme une solution aux problèmes. Chacun retourne à « ses petites affaires », avec le risque d’oublier le bien commun ; et ce d’autant plus que l’Italie, historiquement très pro-européenne, doute de plus en plus, comme bien d’autres pays, de l’Europe et de la politique qu’elle mène. Grillo n’est pas la solution à cette crise, même si les maux qu’il pointe – clientélisme, corruption, inefficacité – sont bien réels. Mais les partis actuels, qu’ils soient ou non au gouvernement, ne le sont pas non plus. Comme l’écrivait récemment le journal La Repubblica, nous sommes actuellement dans une « république des partis provisoires », dans laquelle, à ce stade, le M5S est inclus. Tous les partis sont en crise ; pourtant, les analyses politiques continuent à se fonder sur eux, alors qu’il faudrait imaginer, déjà, la prochaine étape.
- 1.
Titre d’un ouvrage à succès de Sergio Rizzo et Gian Antonio Stella sur les privilèges des politiques : La casta, Milan, Biblioteca Universale Rizzoli, 2008.
- 2.
Le président, en Italie, est le garant de la Constitution, mais il ne gouverne pas. Le pouvoir exécutif revient au président du conseil et à son gouvernement.
- 3.
Pour l’anecdote, les deux hommes ont joué en 1985 dans un film de Dino Risi, le Fou de guerre (Scemo di guerra).
- 4.
Dans cette affaire, il sera d’ailleurs entendu par la justice en tant qu’expert, le procureur Agostino Cordova voulant savoir comment Grillo était parvenu à dévoiler l’affaire.
- 5.
Les représentants de cette gauche, comme le collectif d’écrivains Wu Ming, interprètent le succès de Grillo comme une récupération des mouvements citoyens dans un cadre idéologique largement emprunté à la droite. Voir les nombreux articles qu’ils ont consacrés à Beppe Grillo sur leur blog, http://www.wumingfoundation.com/giap/
- 6.
Conviction qui n’a cependant pas résisté à l’exercice du pouvoir, puisque lors des élections municipales de juin 2013, les scores du M5S ont chuté partout, y compris en Sicile.
- 7.
Voir son article dans ce numéro, p. 87.
- 8.
Affluence davantage comparable à celle des spectacles de Roberto Benigni qu’à celle d’autres rassemblements politiques…
- 9.
Voir Alice Béja, « Le fantôme de Giulio Andreotti », Esprit, juin 2013.