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Service public en France, administration de l'Etat en département, panneau indicateur des services d'une direction départementale des territoires, Ariège. Wikimédia
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Pourquoi servir l’État ?

La puissance publique reste notre meilleur outil pour faire face aux menaces écologiques, sociales et démocratiques. Il est toutefois nécessaire de l’orienter vers plus de décentralisation, en privilégiant les besoins des usagers et en y diffusant une « culture territoriale ».

« Que demandons-nous à l’action ? De modifier la réalité extérieure, de nous former, de nous rapprocher des hommes, ou d’enrichir notre univers des valeurs1. »

Jeunes hauts fonctionnaires issus de la promotion Hannah Arendt de l’École nationale d’administration, nous avons fait nos classes au service de l’État dans des temps troublés. Notre première année de scolarité, en stage, d’abord à l’étranger puis en France, a en effet été placée sous le signe des contestations sociales qui ont rappelé l’urgence de repenser notre modèle social hérité du Conseil national de la Résistance. Aux Gilets jaunes, qui exigeaient dès novembre 2018 que soit combattu le déclassement économique, social et territorial d’une grande partie des citoyens ont ainsi succédé les mobilisations sociales contre le projet de réforme des retraites. Alors que nous poursuivions notre scolarité à Strasbourg, l’apparition soudaine de la crise sanitaire donnait à voir, entre autres maux de notre société, des lourdeurs administratives, un émiettement certain de l’État territorial, une insuffisante culture de partenariat entre l’État et les collectivités et un manque d’anticipation qui ont affecté la capacité de l’État à répondre à la crise sanitaire. Plus qu’aucune autre, cette crise illustre l’ampleur du phénomène de défiance de nombreux Français envers la puissance publique, les élites et le savoir institutionnel. Dans un

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Antoine Gobin

Ancien élève de l’École nationale d’administration.

Pauline Hot

Ancienne élève de l’École normale supérieure et de l’École nationale d’administration.

Benjamin Huin-Morales

Ancien élève de l’École normale supérieure et de l’École nationale d’administration, il occupe le poste de premier adjoint au maire dans la commune de Zimmerbach.

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Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.