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Un après-midi avec Julien Gracq

décembre 2008

#Divers

Il ne me connaissait pas. Je connaissais une partie de ses œuvres et le titre Rivages des Syrtes m’a toujours intrigué. J’avais repéré « la petite Syrte » dans le golfe de Gabès en Tunisie, qui se situait entre l’île de Djerba et les îles des Kerkenna, aux confins d’une Afrique du Nord qui ne sépare pas sa géographie et l’histoire de ses populations. J’avais le désir d’approcher cet auteur et savoir ce qu’il pensait d’Albert Camus. Que pensait ce géographe de métier si attaché à sa terre d’un autre auteur amoureux de sa terre d’Algérie, cet homme qui a écrit Noces dans les ruines de Tipasa.

J’avais décidé de lui écrire pour lui proposer de le rencontrer un samedi après-midi dans sa maison à Saint-Florent-le-Vieil, sur la rive de la Loire. Et je signalais, à la fin de ma lettre, que je lui téléphonerai pour connaître son accord.

Tout le monde autour de moi me décourageait. On le disait grave, secret, refusant tout contact. Cela renforçait ma décision. J’ai osé le défi. Au téléphone le lundi, il accepta. Il m’attendait rue du Grenier à Sel.

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