De la propriété à l'usage. Vers la démarchandisation ?
Vers la démarchandisation ?
Le développement de formes nouvelles d’échange économique remet en question le monde de la marchandise. Sans contredire fondamentalement les mécanismes du capitalisme, l’économie collaborative opère une hybridation entre coopération et marché qui répond à la crise actuelle de la croissance marchande.
L’économie collaborative n’est-elle qu’un nouvel avatar de la marchandisation de l’échange social ou annonce-t-elle au contraire une vaste métamorphose du système capitaliste ? À l’appui de la première thèse, on peut arguer du fait que ses modèles d’affaires se résument souvent à la transformation de biens privatifs en capital productif ou à des formes inventives de travail au noir. L’automobiliste qui devient chauffeur de taxi occasionnel contribue indéniablement à l’extension du domaine de l’échange marchand. Je vais pourtant privilégier ici l’autre ligne d’interprétation, celle qui met en avant l’altération de la logique marchande que constitue l’imbrication de la coopération et de l’échange. L’une des raisons de ce choix est qu’il permet d’intégrer l’économie collaborative dans un ensemble de tendances et de pratiques émergentes dont la multiplication et la diversification ouvrent sur une transformation du système économique – une démarchandisation, dans un sens qu’il conviendra de préciser.
Une nébuleuse de pratiques
Les pratiques d’économie collaborative relèvent d’une grande diversité de modèles :
le prêt et la location entre particuliers (Zilok, Drivy) ;
la vente d’occasion, le troc et le don ;
la mutualisation des biens (covoiturage, colocation, couchsurfing) ;
l’échange de services (non monétaire ou par l’intermédiaire de monnaies locales dédiées) ;
la mise en commun de connaissances (crowdsourcing) ou de ressources financières (crowdfunding, prêt entre particuliers) ;
l’autoproduction collective (jardins ouvriers, autoréhabilitation du logement, Fab Labs) ;
les circuits courts de commercialisation (Amap1) ;
la constitution de coalitions de consommateurs pour obtenir un meilleur prix ;
et enfin des formes d’échange plus exigeantes impliquant de nouveaux styles de vie (colunching, repas chez l’habitant…).
Dans la plupart des cas, on peut parler indifféremment d’économie ou de consommation collaborative. Toutefois, une partie des activités mentionnées sont centrées sur la production en commun de nouveaux biens et relèvent plutôt d’une notion de production collaborative (ou contributive). Au vu de cette liste, non exhaustive, on mesure à quel point l’objet reste flou. La diversité des modèles et leur caractère rapidement évolutif ne facilitent pas l’analyse, particulièrement sous l’angle qui m’intéresse ici, celui des altérations de la logique marchande.
En termes de motivations, les « clients » de la consommation collaborative sont avant tout des consommateurs utilitaristes qui cherchent à répondre au moindre coût à un besoin pratique. Quant aux offreurs, leur premier objectif est de gagner de l’argent avec les biens qu’ils possèdent. Mais ces évidences ne disent pas tout : le potentiel de transformation sociale de l’économie collaborative provient du fait que l’intérêt économique se combine presque toujours à d’autres aspirations. Le fait qu’un nombre croissant de gens cherchent à réduire leur dépendance à la consommation marchande ne s’explique pas uniquement par la stagnation de leur pouvoir d’achat. Ce type de comportement va de pair avec un plus grand pragmatisme dans l’évaluation des besoins, que l’on parvient mieux à dissocier de l’envie d’acheter2 et avec le refus d’un mode de vie qui fait de chaque individu un gros producteur de déchets (536 kilos par an pour chaque Français). La prise de distance avec le « tout jetable » reflète des préoccupations qui ne sont pas seulement utilitaires, mais impliquent aussi l’aspiration à vivre dans un monde plus propre et une certaine culpabilité face au gaspillage des ressources. On peut ainsi penser que la nécessité d’économiser l’énergie n’est pas étrangère au développement de l’autopartage3.
Ajoutons que le souci écologique n’est pas la seule motivation « citoyenne » mise en avant par les promoteurs de l’économie collaborative. L’aspiration à faire société en privilégiant les échanges porteurs de convivialité est largement répandue, même si l’on peut penser qu’elle est rarement le facteur déclenchant de nouvelles pratiques de consommation.
Dans le cas de la production collaborative, ces motivations positives se cristallisent dans la culture de la contribution. Tout se passe comme si la possibilité concrètement offerte de contribuer activement à une œuvre commune révélait une disponibilité latente à coopérer jusqu’alors sous-employée :
La propension à rendre le monde meilleur, ajoutée à la distribution au plus grand nombre de nouvelles ressources pour agir, a instauré une nouvelle forme de rapports économiques : non l’échange (marchand), non le don […], mais tout simplement la contribution : « Si tout le monde apporte une petite contribution, pourquoi pas moi4 ? »
Comme le notent Nicolas Colin et Henri Verdier, le fait que 80 % des contributions à Wikipedia soient anonymes démontre, s’il en était besoin, l’existence d’une pulsion contributive réellement désintéressée.
En contrepoint ou en complément, la volonté de retrouver une position d’acteur dans la réponse à ses propres besoins (ce que les Américains ont toujours valorisé à travers l’idée de self-reliance) est également très prégnante. Dans certains cas, les valeurs affichées sont franchement libertariennes (rejet de l’État et des grandes organisations, primat de l’individu et de l’auto-organisation5). L’économie collaborative est ainsi au confluent de valeurs politiques et culturelles très contrastées – entre promotion des « communs » et individualisme entrepreneurial. À mesure qu’elle se développera et se diversifiera, on peut s’attendre à une montée des débats et des tensions entre les courants d’idées qui la traversent6.
Rupture avec la logique marchande
Pour prendre la mesure des déplacements induits par l’économie collaborative, il est logique de s’intéresser en premier lieu à ce que recouvre l’adjectif collaboratif. À cet égard, il convient de souligner que l’élément nouveau n’est pas la coopération en elle-même, mais le fait qu’elle déborde hors de la sphère de la production vers celle de l’échange. Ce point crucial mérite des explications précises. Observons tout d’abord que, dans le schéma économique habituel, les organisations (entreprises, administration et services publics) et le marché constituent des univers disjoints, régis par des règles sociales contrastées. À l’intérieur des organisations prévalent des formes structurées de coopération fondées sur un mélange de coercition, d’incitation, de conformisme et de valeurs partagées. En dehors des organisations, en revanche, c’est la concurrence et le contrat, c’est-à-dire le chacun pour soi régulé par le droit et des conventions simples et rigides, qui dominent. Réduite à son principe essentiel, l’économie de marché se définit par le fait que les entités économiques (organisations et individus consommateurs) communiquent entre elles – sur leurs besoins, leurs contraintes et leurs anticipations – par l’intermédiaire des prix et de la qualité des marchandises. Telle est la logique qui sous-tend le droit de la concurrence. L’économie collaborative fait éclater ce cadre de rationalité : les rapports entre les partenaires de l’échange doivent être plus coopératifs. En d’autres termes, les temps de la production et de l’échange tendent à se recouvrir dans une activité commune de coproduction.
Cela a d’importantes conséquences en termes de « réencastrement » de l’économie dans le social. Le marché, au moins en théorie, neutralise le contexte social. La fameuse phrase d’Adam Smith : « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner » exprime parfaitement ce qu’est censé permettre le marché : une autonomisation de l’échange économique par rapport aux autres aspects de la vie sociale. Par contraste, dans la consommation collaborative, la qualité de la relation est délibérément mise en jeu comme élément positif. L’importance de l’élément relationnel est certes fort variable, et à vrai dire assez faible dans certains cas, mais il n’en demeure pas moins que les protagonistes doivent s’engager personnellement dans une relation de coopération. Même lorsqu’ils ne se rencontrent pas physiquement, ils sont présumés faire partie d’une même communauté et en partager les normes de réciprocité, voire les valeurs. Sur le site d’Airbnb, celui qui veut proposer une location est invité à acquérir un savoir-faire et à intégrer une communauté quasi professionnelle :
Depuis le ménage de votre logement et la coordination pour la remise des clés jusqu’à la réception de vos voyageurs et la transmission de vos bons plans, être un hôte sur Airbnb est une forme d’art.
Le travail professionnel de l’intermédiaire est partiellement remplacé par l’implication des membres de la communauté, et son savoir-faire par leurs compétences relationnelles – essentiellement une capacité à communiquer efficacement, à mettre en confiance, et à créer de la convivialité. La ressource sociale ainsi mobilisée gratuitement a un nom, c’est le « capital social », au sens établi par le sociologue américain Robert Putnam7, à savoir la capacité des membres d’une société à créer des réseaux et à coopérer en vue de leur bénéfice mutuel.
Corrélativement, l’économie collaborative efface les frontières entre producteurs, commerçants et consommateurs : c’est le règne du « pair à pair », qui induit des rôles sociaux moins standardisés qu’un rapport purement commercial, et donc porteurs de plus d’incertitude, mais aussi de créativité. Au plan économique, la productivité spécifique de l’échange entre pairs réside dans le fait qu’il stimule l’expression des compétences sociales, ce qui permet, outre une réduction des coûts de transaction, une mutualisation des savoirs liés à l’usage des biens – ce qu’il faut savoir pour faire le meilleur usage d’un logement, d’un véhicule ou d’un outil, ou pour cuisiner un légume. Au plan du lien social, les relations entre pairs s’inscrivent plus facilement dans un système élargi de rapports sociaux conviviaux et solidaires. Enfin, ces relations peuvent être gratifiantes, bénéfice que ne manquent pas de souligner les promoteurs de l’économie collaborative, avec des affirmations telles que celle-ci : « Votre temps passé sur UberPop est donc un moment convivial rempli d’anecdotes, en toute simplicité. » Une partie de l’efficacité économique et sociale de la consommation collaborative procéderait ainsi d’un effacement des frontières entre le travail, la consommation, les activités relationnelles et le loisir, une partie de ce qui était connoté négativement (le travail) passant du côté positif (le développement personnel et relationnel, la conquête d’une forme d’autonomie).
Ajoutons que si cet intérêt à coopérer trouve désormais facilement à s’employer, c’est que l’internet permet aux individus de confronter leurs disponibilités, leurs talents et leurs projets avec une grande efficacité. Cette mise en rapport à grande échelle révèle des niches d’échange dont personne n’avait conscience. Elle rend possible la rencontre d’offres et de demandes très spécifiques qui avaient jusqu’alors toutes les chances de s’ignorer.
Qu’est-ce que la démarchandisation ?
Cette expansion du domaine de la coopération peut s’analyser comme une forme de démarchandisation. Au sens large adopté ici, la démarchandisation englobe, outre les processus bien identifiés de sortie de la sphère marchande (quand un bien devient gratuit ou qu’un besoin peut être satisfait sans recours à une consommation marchande), un ensemble de tendances qui aboutissent à réduire le caractère unifié, impersonnel et concurrentiel des marchés8. Considérée sous cet angle, l’économie collaborative peut être rapprochée d’autres pratiques sociales à visée de transformation du système économique, comme l’économie sociale et solidaire et les monnaies complémentaires. Mais cette grille d’analyse fait aussi apparaître d’intéressantes proximités avec l’économie circulaire, l’économie de la fonctionnalité et la notion d’« économie efficace dans l’utilisation des ressources ».
Le caractère émergent et la diversité des phénomènes que l’on vient d’évoquer conduit à émettre l’hypothèse d’une inversion de tendance, après des décennies d’extension quasi continue du marché, de la monétarisation de la vie sociale et de la finance. Le mouvement d’extension, d’unification et d’autonomisation du domaine de la valeur n’est sans doute pas arrivé à son terme, mais il semble bien que des contre-tendances soient déjà à l’œuvre.
L’histoire du capitalisme a été marquée par des vagues successives de marchandisation et de démarchandisation. Au cours du xxe siècle, les processus de démarchandisation les plus importants ont résulté du développement des services publics et de l’extension de la sphère des interventions et des régulations étatiques (fiscalité, droit du travail, économie administrée9…). En France notamment, c’est d’abord à l’État que l’on pense quand il s’agit d’encadrer et de contrebalancer la puissance du marché. Pourtant, même si l’État est loin d’avoir dit son dernier mot, ce n’est pas lui qui est moteur dans la dynamique actuelle de démarchandisation. Celle-ci procède d’initiatives émanant principalement de la société et des entreprises ; elle résulte moins d’un encadrement du marché que de son hybridation – c’est-à-dire de son altération par composition avec d’autres logiques.
Coopérer pour économiser les ressources
L’« économie efficace dans l’utilisation des ressources » est une expression utilisée dans plusieurs documents de la Commission européenne10. Elle renvoie principalement à deux champs de pratiques, l’économie circulaire et l’économie de la fonctionnalité, mais, dans une acception large, elle inclut aussi certaines formes d’économie collaborative. L’économie circulaire regroupe elle-même plusieurs domaines d’innovation dont la visée commune est de « maximiser la croissance économique tout en limitant la pression sur les ressources11 ». Pour accomplir ce programme, on ne peut se contenter de recycler les déchets ; il faut se préoccuper dès la conception des produits d’en optimiser les usages, d’augmenter leur durée de vie, de faciliter la maintenance et les réparations, de permettre le réemploi des composants et des pièces détachées, de réduire les consommations induites (énergie et consommables) et enfin d’utiliser pour la fabrication des matériaux renouvelables ou faciles à recycler.
L’économie de la fonctionnalité, pour sa part, « consiste à produire une solution intégrée de biens et de services, basée sur la vente d’une performance d’usage, permettant de prendre en charge des externalités environnementales et sociales12 ». Le modèle le plus connu est celui du service public de location de véhicules de type Vélib et Autolib, mais il en existe de plus élaborés dans le domaine des services aux entreprises (fourniture de solutions intégrées d’impression et de reprographie, etc.).
Ces différents modèles de production et de consommation sont centrés sur l’optimisation des usages et l’économie des ressources. La démarchandisation procède d’abord ici, très directement, d’une limitation des besoins monétaires. L’idée même d’économie efficace dans l’utilisation des ressources implique de rechercher un découplage entre la satisfaction des besoins et la consommation marchande. Celui-ci peut être obtenu par l’allongement de la durée de vie des biens (cas de l’économie circulaire) ou par la mutualisation et l’optimisation des fonctionnalités sociales (cas de l’économie de la fonctionnalité).
Dans un sens plus indirect, la démarchandisation prend aussi la forme d’une réévaluation des objectifs substantiels face aux logiques financières. Le resserrement des contraintes écologiques oblige les entreprises à se fixer des objectifs physiques (moindre consommation d’énergie et de matières, réduction des déchets et des rejets polluants) et, dans certains cas, à faire passer ceux-ci avant les objectifs financiers. Il en va souvent de la pérennité de leur modèle productif, lequel pourrait se trouver menacé par des pénuries de matières premières ou des normes environnementales plus rigoureuses. La rationalité technique a certes toujours été centrale pour les entreprises, mais, dans une économie où le seul vrai problème était de trouver des débouchés, elle tendait à être subsumée par la rationalité marchande dans les relations entre agents économiques. L’une des nouveautés systémiques de l’économie circulaire, c’est que les concurrents au sein d’une même filière sont obligés de coopérer. La recherche de solutions techniques optimales du point de vue de la gestion des ressources et de la réduction des impacts écologiques ne peut se faire qu’à l’échelle d’une filière productive, pour des raisons qui tiennent notamment au coût de la recherche-développement et à la dépendance des entreprises vis-à-vis des processus de recyclage en amont et en aval de leur propre activité. En d’autres termes, la gestion optimale des ressources tend à s’imposer comme un principe régulateur non médiatisé par les prix de marché à une échelle plus large que l’entreprise. C’est un changement peu visible, mais qui n’est pas sans portée. Une économie plus circulaire sera nécessairement plus coopérative, et donc moins concurrentielle.
Des réponses au déclin de la croissance marchande
Il resterait à montrer que ces évolutions sont révélatrices de mutations qui concernent l’ensemble des activités économiques et qu’elles constituent des éléments de réponse au ralentissement tendanciel de la croissance économique en Europe. Dans le cadre de ce bref article, je ne peux faire mieux que d’esquisser quelques étapes du raisonnement.
Pour commencer, il convient de prendre acte du caractère structurel de ce ralentissement, que l’on ne peut expliquer ni par l’effet de politiques économiques inadéquates, ni par une panne de l’innovation. L’hypothèse la plus raisonnable est celle d’un épuisement du mécanisme central de la croissance, à savoir le processus de marchandisation des besoins – la transformation de ces besoins en marchés solvables. Pour rendre cette idée plausible, il suffit, par exemple, de considérer les faits suivants : notre dépendance vitale à l’égard de biens fournis gratuitement par la nature ; les effets paradoxaux de l’internet sur la croissance (la culture de la gratuité et les effets déflationnistes de l’hyperconcurrence) ; le caractère tendanciellement « improductif » des services relationnels dont la finalité est d’améliorer la qualité de la vie (santé, activités liées à la sécurité des personnes, culture, etc.).
Ces faits illustrent l’incapacité croissante de l’économie monétaire et marchande à « encapsuler » ce qui est vraiment important pour les gens, les utilités réellement produites par leur travail et les effets bénéfiques de l’innovation. Il est logique de penser que le développement des pratiques de démarchandisation est une réponse à cette situation. Si la croissance patine, c’est que l’on ne peut plus répondre aux besoins sociaux en produisant davantage de marchandises. Or l’économie collaborative et les autres innovations que nous venons d’évoquer présentent trois caractéristiques pertinentes au regard de ce blocage. Premièrement, elles permettent d’augmenter la productivité des ressources matérielles, et donc de desserrer les contraintes écologiques. Deuxièmement, elles contribuent à modérer les conséquences sociales de la crise en permettant aux ménages de limiter leurs besoins monétaires et en créant du lien social. Troisièmement, elles mobilisent une ressource productive sur laquelle une économie purement concurrentielle n’a pas prise : l’aspiration à « faire société » en produisant des choses vraiment utiles.
- *.
Auteur de Au-delà du marché. Les nouvelles voies de la démarchandisation (Paris, Les Petits Matins, 2015) ; ce texte résume une partie des idées développées dans le livre. Voir le compte rendu de cet ouvrage p. 143.
- 1.
Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne.
- 2.
Comme le note une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), « la satisfaction des besoins est moins ancrée dans la matière » (Nicolas Siounandan, Pascale Hébel et Justine Colin, « Va-t-on vers une frugalité choisie ? », Cahier de recherche du Crédoc, no 302, décembre 2013).
- 3.
De fait, Blablacar prétend être à l’origine d’une économie de 500 000 tonnes de CO2 par an.
- 4.
Nicolas Colin et Henri Verdier, l’Âge de la multitude, Paris, Armand Colin, 2012, p. 85.
- 5.
Cet aspect est fortement souligné dans Antoine Burret, Tiers Lieux, et plus si affinités, Limoges, Fyp Éditions, 2015.
- 6.
Monique Dagnaud, « Économie collaborative : un programme politique pour la jeunesse rebelle ? » (http://www.telos-eu.com/fr/societe/economie-collaborative-un-programme-politique-pour.html).
- 7.
Robert Putnam, Bowling Alone : Collapse and Revival of American Community, New York, Simon and Schuster, 2000.
- 8.
Ainsi définie, la démarchandisation inclut les phénomènes de démonétarisation et de définanciarisation.
- 9.
Dans la littérature sociologique, le concept d’« encastrement » du marché introduit par Karl Polanyi renvoie d’abord à cela, c’est-à-dire aux « limites posées à la logique du marché par la communauté des citoyens ». La notion de démarchandisation dont il sera question ici renvoie plutôt à l’encastrement au sens de Mark Granovetter, à savoir « l’insertion des actions économiques dans des réseaux sociaux ». Voir Jean-Louis Laville, « Encastrement et nouvelle sociologie économique : de Granovetter à Polanyi et Mauss », Interventions économiques, no 38, 2008. La notion de démarchandisation ne se peut cependant pas se résumer à cela, puisqu’elle inclut la notion d’« économie écologique », ou économie centrée sur la préservation des ressources.
- 10.
« Une Europe efficace dans l’utilisation des ressources. Initiative phare de la stratégie Europe 2020 » (http://ec.europa.eu/resource-efficient-europe/index_fr.htm).
- 11.
« Une Europe efficace dans l’utilisation des ressources », art. cité.
- 12.
Définition proposée par le Club économie de la fonctionnalité et développement durable (www.club-economie-fonctionnalite.fr/).