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Loi Travail : réformisme nécessaire ou transgression inutile ?

juil./août 2016

#Divers

Avant d’entrer dans le fond du débat sur la loi Travail, prenons acte du fait qu’il est difficile – et qu’il serait peut-être artificiel – de séparer le contenu substantiel de la réforme du sens que lui donnent les acteurs en présence. La manière dont le projet a été dévoilé en février dernier a surpris les observateurs : personne ne s’attendait à ce qu’un texte manipulant une matière aussi inflammable – touchant sans grande précaution au noyau historique du patrimoine idéologique de la gauche – soit présenté sans concertation préalable avec les syndicats et avec aussi peu d’explications. La réception du rapport Combrexelle en septembre dernier ne laissait pourtant aucun doute sur l’état d’esprit de Fo et de la Cgt. L’annonce avait tout d’une déclaration de guerre, d’autant que la communication gouvernementale – une réforme « pour renforcer la compétitivité de notre économie et développer l’emploi » – cautionnait le discours du Medef sur le lien entre le chômage et l’excès de protection des salariés, d’une manière inédite pour un gouvernement de gauche. Quelle que soit la réalité de ce lien (on y revient plus loin), sa reconnaissance est trop contraire aux thèses défendues pendant des décennies par les syndicats et les partis de gauche pour ne pas provoquer de violentes crispations.

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Bernard Perret

Bernard Perret est haut fonctionnaire ; il a longtemps travaillé pour l'INSEE, pour ensuite se tourner vers les questions écologiques et de développement durable au sein de différentes instances (dont le Ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie). Il est l'auteur de nombreux essais sur les politiques publiques, les liens entre économie et société, le développement durable (

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Entre désir de distinction et quête d’authenticité, le tourisme a pris différentes formes au cours de l’histoire. Le dossier estival de la revue Esprit, coordonné par Emmanuel Laurentin, interroge nos raisons de partir, quand il n’y a plus d’ailleurs où se perdre, ainsi que les effets du tourisme de masse sur la diversité du monde, des sites désertés aux grandes capitales européennes.