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Critique de la raison impure. Entretien avec Bernard Stiegler

La révolution numérique est portée par un modèle qui cherche à remplacer l’Etat par le marché et la raison par le calcul. Contre ces tendances, il faut valoriser transformation de l’énergie au profit de l’organisation.

Depuis le premier volume de la Technique et le Temps (1994), vous interrogez le rôle de la technique dans le monde contemporain1. Vous insistez sur l’ambivalence de ses effets sur nos existences : comme l’écrivait Paul Virilio, « l’invention du navire est aussi l’invention du naufrage ». On a le sentiment que votre propos est de plus en plus sombre et alarmiste : la technique y apparaît plus comme un péril que comme un secours. Qu’est-ce donc que la « disruption » qui donne son titre à votre dernier ouvrage2 ?

Ma méditation sur la technique se fait de plus en plus ténébreuse parce que la technique et la technologie, de plus en plus puissantes, désintègrent les organisations sociales et l’intelligence collective qui sont pourtant à l’origine de ces technologies mêmes. Cela donne lieu à des états de fait sans que s’élabore un véritable état de droit. Les transformations, engagées de manière irresponsable, ne viennent pas de la technique cependant : elles relèvent de logiques de marché et de l&rsqu

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Bernard Stiegler

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Malgré ses prouesses, la technique présente des coûts humains, sociaux et écologiques démesurés. Grande pourvoyeuse de solutions, elle est devenue elle-même le problème, qui ne pourra être résolu de façon technique. C’est en effet de nous qu’il faut attendre un changement.