Le Caravage, Narcisse, 1598-1599, huile sur toile, conservé à la Galerie nationale d’art ancien de Rome.
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Irriguer le cours des lettres

Dans l’histoire des études littéraires, le structuralisme a désavoué la tradition républicaine de Gustave Lanson et Pierre Leroux, pourtant marquée par une attention louable à l’historicité et à la psychologie. On peut le vérifier sur la question de l’amour-propre.

Ce ne sont pas les seuls professeurs, c’est, en France, la nation entière, qui est intéressée par l’enseignement de la littérature, et, au-delà de l’Hexagone, à l’époque de la francophonie, tant de lecteurs et d’étudiants du monde. Or cet enseignement traverse une période problématique dont le meilleur indice est, d’année en année, la baisse régulière du nombre d’étudiants et de postes de professeurs à l’université. Les auteurs de qualité, eux, abondent et sont invités dans les médias, les librairies sont pleines mais, dans les amphithéâtres et les colloques, on constate un déficit d’enjeux et de débats. Le rayonnement de la recherche en littérature est faible. Toute ambition théorique ou idéologique a presque été abandonnée et les études monographiques se multiplient, chacun se repliant sur sa parcelle. Le monde extérieur se désintéresse d’une recherche universitaire qui se désintéresse du monde.

Sans doute faut-il faire son deuil de l’époque où les études littéraires étaient la discipline reine dans une France qui était elle-même la nation phare. Une connaissance méthodique de notre littératu

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Bruno Viard

Bruno Viard est écrivain, il est notamment l'auteur Enseigner la littérature par temps mauvais (éd. Le Bord de l'eau, 2019). 

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L’anthropologie du don de Marcel Hénaff, ainsi que son éthique de l’altérité et sa politique de la reconnaissance, permettent de penser les limites de la marchandisation, le lien entre les générations et les transformations urbaines. À lire aussi dans ce numéro : l’image selon Georges Didi-Huberman, l’enseignement de la littérature, la neuropédagogie, l’invention de l’hindouisme, l’urgence écologique et la forme poétique de Christian Prigent.