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Le Meccano imaginaire de Chris Marker

mai 2018

#Divers

On pourrait appliquer à Chris Marker ce qu’il écrivait en 2006 en hommage à son fidèle compagnon de route et ingénieur du son, Antoine Bonfanti : «Passer de ce bricolage inspiré à l’absolue maîtrise, ce n’est pas seulement l’histoire d’un perfectionnement professionnel. C’est aussi celle d’une réflexion politique, d’une réflexion morale et d’une réflexion sur la nature même du son[1].» Marker s’appliquait à lui-même cette triple ambition, ne dissociant le politique ni de la morale ni de l’art. Pour lui, dans Le fond de l’air est rouge, en 1977, ceux qui font du cinéma sont des «témoins et des militants». Cette vision n’étonne pas puisqu’elle émane de quelqu’un qui s’est investi dans différentes luttes, de la Résistance à la décolonisation au début des années 1960, quelques années plus tard dans les ­groupuscules qui ont fait de l’agit-prop avec les ciné-tracts anonymes ou encore au moment de la guerre en Yougoslavie quand il filme en plans fixes un jeune Casque bleu[2].

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Carole Desbarats

Pour avoir accompagné plusieurs générations d'étudiants à la Femis, Carole Desbarats s'intéresse à tous les aspects du cinéma, de son économie à son esthétique. Elle s'interroge aussi sur les responsabilités de la transmission, dans l'école et en dehors de l'école, notamment à travers l'association "Les Enfants du cinéma". Voir et comprendre le cinéma, ce n'est pas pour elle un exercice de…

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À l’occasion de la rétrospective consacrée à Chris Marker par la Cinémathèque française, le dossier de la revue Esprit revient sur les engagements de celui qui en fut un collaborateur régulier. Propres à une génération forgée par la guerre, ces engagements sont marqués par l’irrévérence esthétique, la lucidité politique et la responsabilité morale. À lire aussi dans ce numéro : Jean-Louis Chrétien sur la fragilité, les défis du numérique à l’école et les lectures de Marx en 1968.

 

Pour aller plus loin, découvrez une sélection de textes écrits par Chris Marker dans Esprit entre 1946 et 1951 : Chris Marker, cinéaste-chroniqueur