Carolin Emcke | Wikimédia
Dans le même numéro

L'Europe contre la haine

entretien avec

Carolin Emcke

décembre 2017

En Europe, la montée des discours de haine interroge notre représentation de l’autre. L’Europe n’arrive pas encore à la contenir, alors qu’elle est un lieu d’apprentissage de la diversité.

Des bancs de l’université de Francfort (où elle a étudié sous la direction de Jürgen Habermas) aux lignes de front (elle fut correspondante de guerre pour Der Spiegel), Carolin Emcke n’a cessé de mettre la théorie à l’épreuve du réel. Plutôt que d’ironiser sur les faiblesses de l’éthique de la discussion face aux violences du monde, elle recherche avec obstination à reconnaître « qui et quoi, au milieu de l’enfer, n’est pas l’enfer » (Italo Calvino). Au moment où, en France, la limite entre le journalisme et la philosophie devient poreuse, il n’est pas inutile de lire un auteur qui retient le meilleur de ces deux disciplines : une capacité de voir ce qui passe le plus souvent inaperçu. Dans son dernier livre1, Carolin Emcke étudie lucidement les mécanismes de haine à l’œuvre dans les sociétés européennes. Depuis la crise des réfugiés, même l’Allemagne voit peu à peu sauter les verrous moraux hérités de son histoire contemporaine. Pour répliquer aux passions mauvaises qui s’emparent de toute l’Europe, Carolin Emcke est à la recherche d’u

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