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Les certificats de virginité en débat

janv./févr. 2021

L’interdiction de délivrer des certificats de virginité marque un progrès encourageant dans la lutte contre les violences faites aux femmes, mais elle devrait ouvrir sur la question plus large de la chirurgie plastique, qui sert souvent des formes d’aliénation du corps féminin.

« Pour [certaines] femmes, en France, en 2020, la fiancée est conduite chez un professionnel pour réaliser un test de virginité et repartir avec un certificat de virginité. Cette pratique, nous voulons y mettre fin. Les lois de la République sont supérieures à toute coutume, et la liberté des femmes ne se négocie pas », a affirmé, le 27 septembre 2020, Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté. Les Français découvrent alors que la virginité reste une injonction importante pour une partie de la population.

Même si les certificats de virginité en France concernent surtout des femmes musulmanes, cela ne signifie pas que cette pratique trouve sa source dans les textes islamiques. L’expression de « certificats de virginité » possède une connotation juridique, comme s’il s’agissait d’une condition nécessaire au « certificat de mariage », alors que ce n’est nullement le cas en islam, où il n’est jamais question d’hymen proprement dit, le Coran parlant moins de virginité que de relations sexuelles illégitimes. Et si l’impératif de virginité jusqu’au mariage demeure prégnant dans de nombreuses sociétés du Maghreb et du Moyen

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Corinne Fortier

Anthropologue, psychologue et réalisatrice, Corinne Fortier est chargée de recherche au CNRS (Laboratoire d'anthropologie sociale). Elle a notamment dirigé, avec Safaa Monqid, Corps des femmes et espaces genrés arabo-musulmans (Karthala, 2017).

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Les femmes sont au cœur de nombreux mouvements sociaux à travers le monde. Au-delà de la vague #MeToo et de la dénonciation des violences sexuelles, elles étaient nombreuses en tête de cortège dans le soulèvement algérien du Hirak en 2019 ou dans les manifestations contre le président Loukachenko en Biélorussie en 2020. En France, leur présence a été remarquée parmi les Gilets jaunes et dans la mobilisation contre le dernier projet de réforme des retraites. Dans leur diversité, les mouvements de femmes témoignent d’une visibilité et d’une prise de parole accrues des femmes dans l’espace public, de leur participation pleine et entière aux débats sur l’avenir de la cité. À ce titre, ils consacrent l’existence d’un « sujet politique féminin ».