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Paul Ricœur, philosophe et protestant

novembre 2017

#Divers

Ricœur était philosophe et protestant, comme Derrida et Levinas étaient philosophes et juifs, et Gabriel Marcel philosophe et catholique. Chez eux tous, la pensée n’est pas sans lien avec la confession, mais ne saurait se réduire à elle. Il est inévitable pourtant que leurs lecteurs s’emploient à déterminer ce qui, dans leurs œuvres respectives, peut s’expliquer par une « influence » particulière, qu’ils la déplorent ou s’en réjouissent. Les lecteurs de Ricœur connaissent bien son lien au protestantisme, d’autant mieux qu’il l’a évoqué ouvertement à diverses reprises1. Ils sont donc conscients que ce qui relève très certainement d’un habitus protestant chez Ricœur – tout comme la lecture talmudique de Levinas relève d’un habitus proprement juif –, c’est son inlassable herméneutique de la Bible, et pour être exact, le fait que sa lecture se dise précédée d’une tradition d’interprétation et d’actualisation particulière de la prédication chrétienne. L’entrée en matière de « Nommer Dieu » est à cet égard sans aucune ambiguïté : « C’est sous une certaine présupposition que je me tiens dans la position d’auditeur de la prédication chrétienne. Je suppose que cette parole est sensée, qu’elle vaut d’être sondée et que son examen peut accompagner et conduire le transfert du texte à la vie où elle se vérifiera globalement

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Daniel Frey

Professeur de philosophie de la religion à l’université de Strasbourg et président du Conseil scientifique du Fonds Ricœur, il est l’auteur de L’interprétation et la lecture chez Ricœur et Gadamer (Puf, 2008). Il a également dirigé La jeunesse d’une pensée. Paul Ricœur à l’université de Strasbourg (1948-1956) (Presses universitaires de Strasbourg, 2015). …

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« Une vie bonne, avec et pour autrui, dans des institutions justes » : la célèbre formule par laquelle Paul Ricœur définit la « visée éthique » autorise de libres prolongements qui sont proposés dans ce dossier coordonné par Jean-Louis Schlegel. La justice réduite aux revendications égalitaires n’équivaut pas encore à l’expérience du bon.