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Les forces de garde-frontière viennent renforcer les effectifs de la police israélienne dans la ville de Lod, le 11 mai 2021. Photo : Israel Police (CC BY-SA 3.0)
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Jaffa et Lod : spectres de guerre civile

octobre 2021

La montée des violences observée dans l’espace israélo-palestinien au printemps 2021 est particulièrement vive dans les villes « mixtes », comme Jaffa et Lod, qui cristallisent les tensions entre communautés. Le sursaut sécuritaire dont fait preuve l’État hébreu pour faire face à la situation questionne sa souveraineté réelle.

D’intenses violences ont secoué l’espace israélo-palestinien au printemps 2021. Si Jérusalem est souvent considérée comme l’épicentre du conflit, la séquence a dévoilé l’importance cardinale d’un autre espace, moins connu, mais lui aussi à forte charge symbolique : les villes « mixtes », telles Jaffa et Lod/al-Lydd1. Reliques vivantes de la guerre de 1948, elles illustrent le palimpseste souvent douloureux qu’est l’espace israélo-palestinien.

L’embrasement des villes mixtes

Entamée à Jaffa, dès avril 2021, l’éruption de violences intercommunautaires a trouvé l’une de ses acmés à Lod à partir du 11 mai. L’embrasement des villes « mixtes » a certes été galvanisé par les nombreux heurts à Jérusalem, en particulier dans le quartier de Cheikh Jarrah (liés aux menaces d’expropriations), et les bombardements de Gaza. Cependant, il représente un phénomène assez inédit, dont la signification dépasse le cadre de ces localités, suscitant un intérêt nouveau de la part des médias internationaux. Spectrales, Jaffa et Lod le sont à double titre : baromètre des tensions entre certains Juifs et Palestiniens israéliens, et hantées par la mémoire traumatique de ces derniers. En effet, jusqu’alors, les villes « mixtes » semblaient incarner un équilibre fragile, inéquitable, qui a longtemps paru masquer le traumatisme de la Nakba (la « catastrophe » palestinienne). Néanmoins, l’implantation, depuis une décennie

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Daniel Monterescu

Professeur associé en anthropologie (Central European University - CEU), Daniel Monterescu occupe la chaire EHESS/Iméra en études transrégionales.

Yoann Morvan

Docteur en Urbanisme, Yoann Morvan est anthropologue chargé de recherche au CNRS (Idemec-Université Aix-Marseille). Spécialiste des questions urbaines et économiques, chercheur associé à l'Institut Français d'Etudes anatoliennes (IFEA / USR 3131), il s’intéresse notamment aux mutations radicales qui affectent Istanbul. Auteur de nombreux articles à propos d'Istanbul, il effectue également des…

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La publication du rapport Duclert a réouvert le débat sur les responsabilités du gouvernement, de la diplomatie et de l’armée françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. À partir d’une lecture de ce rapport, le présent dossier propose de réfléchir à ce que nous avons appris, dans les vingt-cinq ans qui nous séparent des faits, sur l’implication de la France au Rwanda. Quelles leçons peut-on tirer des événements, mais aussi de la difficulté, dans les années qui ont suivi, à s’accorder sur les faits et à faire reconnaitre la vérité historique ? Quels constats cette histoire invite-t-elle sur le partage des responsabilités entre autorités politiques et militaires, sur les difficultés inhérentes aux opérations extérieures, notamment en Afrique, et enfin sur le bilan de ces interventions, au moment où la France choisit de réduire sa présence au Sahel ? Au-delà du seul cas français, l’échec de la communauté internationale à prévenir le génocide rwandais invite en effet à repenser le cadre des interventions armées sur les théâtres de conflits et de guerres. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Afghanistan, djihadisme et démocratie, gouverner le trottoir, à qui profite le crime ?, le retour à Rome d’Hédi Kaddour et le carnaval Belmondo.