Jérusalem. Via Wikimédia
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Israël, la démocratie en question ?

L’accumulation récente d’événements politiques en Israël suscite l’inquiétude. Depuis l’accession au pouvoir de Benyamin Netanyahou, le centre de gravité politique du pays s’est progressivement déplacé vers la droite. Au point que c’est le caractère démocratique de l’État qui est aujourd’hui en péril.

En Europe comme aux États-Unis, l’opinion et les médias se sont longtemps intéressés à Israël essentiellement à travers la question palestinienne et, plus récemment, par la menace que fait peser l’Iran sur le pays. La politique intérieure israélienne et ses péripéties, souvent peu compréhensibles de l’étranger, ne sont guère évoquées en dehors des périodes électorales. La séquence actuelle, qui a vu quatre élections législatives en moins de deux ans, un blocage persistant pour la formation d’un gouvernement et des poursuites judiciaires engagées contre un Premier ministre qui refuse toujours de démissionner, laisse perplexe. Par ailleurs, les avertissements d’intellectuels israéliens comme Zeev Sternhell, plusieurs livres publiés en Israël mais également aux États-Unis et en France, comme l’ouvrage récent de Samy Cohen1, et les accusations d’apartheid, avancées notamment par Human Rights Watch, interpellent. Israël serait-il à son tour en pleine régression démocratique, rejoignant les pays gagnés par le populisme illibéral ?

En réalité, la démocratie israélienne a souffert de faibl

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Denis Bauchard

Conseiller pour le Moyen-Orient à l’Institut français de relations internationales (IFRI), ancien diplomate, ancien directeur d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient au ministère des Affaires étrangères.

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Les enquêtes de santé publique font état d’une épidémie de fatigue dans le contexte de la crise sanitaire. La santé mentale constitue-t-elle une « troisième vague » ou bien est-elle une nouvelle donne sociale ? L’hypothèse suivie dans ce dossier, coordonné par Jonathan Chalier et Alain Ehrenberg, est que la santé mentale est notre attitude collective à l’égard de la contingence, dans des sociétés où l’autonomie est devenue la condition commune. L’épidémie ne provoque pas tant notre fatigue qu’elle l’accentue. Cette dernière vient en retour révéler la société dans laquelle nous vivons – et celle dans laquelle nous souhaiterions vivre. À lire aussi dans ce numéro : archives et politique du secret, la laïcité vue de Londres, l’impossible décentralisation, Michel Leiris ou la bifurcation et Marc Ferro, un historien libre.