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Agir en Syrie, mais comment ?

par

Esprit

En Syrie, la terreur s’installe dans la durée. Le régime violent de Bachar al-Assad n’a qu’une stratégie : rester au pouvoir, quitte à sacrifier son pays. À l’encontre de ce qui s’est passé en Tunisie et en Égypte, il montre qu’il peut durer, parce que la rupture avec sa propre population ne le fragilise pas. Les premiers mois du soulèvement avaient montré, par les manifestations pacifiques, que le peuple syrien savait qu’il devait faire preuve de son unité contre le pouvoir. Mais celui-ci a précipité le pays dans le sang et accentué sa violence, car il a tout à gagner à la politique du pire : imposer l’image d’une guerre civile, jouer la carte des antagonismes confessionnels, maintenir vis-à-vis de l’extérieur la fiction qu’il existe un État syrien légitime, interlocuteur international avec lequel les diplomates continuent à négocier.

Le bilan de deux années de confrontation, déjà catastrophique, s’alourdit de jour en jour : de 2,5 à 4,5 millions de déplacés à l’intérieur du pays, au moins 700 000 à l’extérieur (en Jordanie, au Liban, en Turquie, en Irak), 70 000 morts, pour autant qu’on puisse les compter. Après les tirs sur la foule, les arrestations arbitraires et la torture qui répondaient aux manifestations

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