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Dans le même numéro

Anesthésie du débat, défiance des urnes

par

Esprit

mai 2014

#Divers

Entre deux élections, les municipales et les européennes, le crédit accordé au président de la République est au plus bas. À travers lui, dans une République qui personnalise le pouvoir, le mécontentement atteint plus largement la politique instituée. Plus grave, le doute touche à la capacité transformatrice du vote. Celui-ci en effet ne tranche pas seulement l’attribution du pouvoir, même pour des élections locales, il donne aussi l’occasion de métaboliser une attente inquiète, une colère sourde en force collective, en proposition d’avenir. Mais l’abstention grandissante et le vote à l’extrême droite expriment un décrochage inquiétant.

L’échec est particulièrement sensible pour un socialisme au pouvoir qui se veut pragmatique mais qui n’a pas pris la mesure des bouleversements de la crise de 2008. Dans la crise démocratique de la représentation, l’inertie des partis (professionnalisation, cumul des mandats, sous-représentation de nombreux territoires) a anesthésié jusqu’au débat d’idées1. Le hollandisme proposait une synthèse entre un ancrage politique local, l’expérience du socialisme municipal (que représentait Jean-Marc Ayrault) et la haute fonction publique venue de l’Ena (la fameuse promotion Voltaire). Le recul historique des socialistes

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