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De l'ancien au nouveau monde

par

Esprit

janv./févr. 2018

#Divers

Alors que la mémoire historique des révolutions s’estompe, la croyance selon laquelle nous vivons une époque d’accélérations et de bouleversements inédits se répand. De ce point de vue, l’année 2017 a été exemplaire. L’anniversaire de la révolution de 1917 a été marqué par la publication d’ouvrages académiques, mais ils ont été accueillis dans une relative indifférence. Tout se passe comme si un événement révolutionnaire de cette nature, avec sa charge d’idéologie, de volonté et de violence, était devenu un objet étranger et lointain sur lequel on peut tout au plus porter un regard curieux.

Bien des raisons expliquent cette indifférence : rupture avec le volontarisme révolutionnaire, méfiance à l’égard du culte progressiste de l’avenir, sentiment de vivre dans un autre monde que celui qui annonçait l’aube nouvelle de l’émancipation humaine. Et pourtant, rarement une année aura été aussi marquée par la rhétorique du changement et de la rupture que celle qui s’achève. Ce qui a terni l’anniversaire de 1917, c’est peut‑être d’abord le sentiment que 2017 était émaillée de bouleversements qui, pour être incommensurables avec les schémas révolutionnaires hérités du xviiie siècle, marqu

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