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Dans le même numéro

Introduction

par

Esprit

novembre 2008

#Divers

À l’heure qu’il est, alors même que la crise affecte les Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine) du fait de la baisse rapide du prix des matières premières et du fléchissement des exportations, le débat se focalise essentiellement sur la manière de réguler les banques et de contrôler les banquiers. Au-delà des interrogations sur les hauts salaires et les parachutes dorés qui touchent en profondeur l’opinion publique, on observe que le montant des plans de sauvetage européens est passé en quelques jours de 300 milliards d’euros à 1 700 milliards d’euros, ce qui témoigne d’une mauvaise anticipation et surtout de la difficulté de rétablir un climat de confiance entre les banques et dans l’opinion de manière plus large.

Trois stratégies correspondant à autant de plans de sauvetage ont été suivies depuis l’annonce du plan Paulson aux États-Unis : une stratégie de rachat des produits toxiques (caractérisant l’attitude américaine), une stratégie de refinanciarisation et de recapitalisation des banques (choix français), et une stratégie de garantie des prêts interbancaires destinée à revigorer le marché interbancaire (choix britannique). Si ces stratégies ont donné lieu à des appréciations diverses, il est manifeste que la politique suivie par Gordon Brown en Grande-Bretagne est celle qui a été la mieux accueillie.

Mais, alors que l’interdépendance est plus forte que jamais (en tout cas entre les banques), on s’interroge sur l’avenir de ces plans de sauvetage. D’aucuns s’inquiètent déjà des risques d’endettement pris par les États. Un chiffre suffit pour le comprendre : alors que les plans de recapitalisation des banques s’élèvent à 40 milliards d’euros en France, la valeur globale des banques correspond à 3, 5 fois celui du Pib (produit intérieur brut) français. Et pour continuer avec les chiffres à l’échelle mondiale : les réserves de change de la Fed sont de 900 milliards de dollars, les profils de l’ensemble des banques de la planète représentent 300 milliards de dollars tandis que les marchés des désormais connus Credit Default Swaps (Cds) capitalisent 45 000 milliards de dollars ! Dans Le Monde des 19-20 octobre 2008, Agnès Bénassy-Quéré (du Centre d’études prospectives et d’informations internationales, Cepii) se demande sans détour :

Que se passera-t-il s’il est nécessaire un jour de sauver l’ensemble des banques françaises ?

Cette interrogation la conduit à imaginer d’autres mesures concernant les banques européennes (au nombre de 8 000 dont 44 de grande taille) :

Pourquoi ne pas se poser sans aucun a priori les questions qui ont occupé les pays en développement dans les années 1980, c’est-à-dire une restructuration de la dette des banques ou bien envisager une conversion forcée des dettes en actions ?

Le moins que l’on puisse dire est que l’on se préoccupe, bien à distance des propositions sur la régulation, du sort de la finance et des banques et que la réforme en profondeur du capitalisme n’est pas encore au programme. Il faut d’abord éviter le krach bancaire, il faut que ça tienne et que l’économie redémarre ! Voilà « notre » programme historique…

Le 22 octobre 2008