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La fin du territoire jacobin

par

Esprit

juin 2014

#Divers

Pourquoi le chantier de l’organisation territoriale des pouvoirs reste-t-il indéfiniment ouvert en France ? Plus de trente ans après les lois de 1982, François Hollande a annoncé un « troisième acte de décentralisation » et Manuel Valls a décidé la réduction du nombre des régions et la suppression des départements (ou plutôt des conseils généraux, c’est-à-dire leur instance élue). Ces annonces, arrivées par surprise et dont la mise en œuvre reste à préciser, s’inscrivent dans une longue suite de controverses et d’hésitations où le conflit gauche-droite se superpose à l’opposition centre-périphérie, dans un jeu de neutralisation réciproque au nom de l’héritage républicain et de la réponse à la défiance électorale par la « proximité ».

On a bien là un concentré du mal politique français : diagnostic et consensus introuvables, confusion des responsabilités, impulsions centrales irrégulières et incohérentes. L’impression de surplace est renforcée par l’aller-retour presque comique du législateur sur la clause de compétence générale, dont le Premier ministre a annoncé la fin dans son discours de politique générale alors que les socialistes venaient de la réintroduire après sa suppression par la d

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