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La méprise du procès de l'antitotalitarisme

par

Esprit

décembre 2009

#Divers

La coïncidence entre le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin et les contrecoups de la crise économique et sociale a produit des effets singuliers. Ce qui devait être commémoré comme l’accès des peuples d’Europe de l’Est à la liberté apparaît, dans le contexte actuel, comme le point de départ d’une immense illusion. Forts de leur victoire, les Occidentaux auraient confondu la suprématie du marché avec sa légitimité démocratique. Vingt ans après la chute du Mur, ce n’est plus le communisme qui apparaît dépassé mais le capitalisme qui aurait apporté une nouvelle preuve historique de son absurdité constitutive.

Dans le regard porté sur les dernières décennies par de nombreux intellectuels, la critique du communisme semble, au mieux, avoir été un alibi à la mise en place du règne de la finance et du gouvernement par l’intérêt. Il n’est pas de mois où ne paraisse un ouvrage stigmatisant l’« antitotalitarisme » qui, à partir de la fin des années 1970, aurait rendu illégitimes toutes les espérances progressistes en leur opposant les crimes du Goulag. Selon cette thèse répandue, la victoire de ce qu’on a appelé l’antitotalitarisme, un courant critique où Esprit a joué un rôle, ne serait que le masque id�

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